TERMITES…contre fourmis

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Origine
de la bataille rangée 
fourmis noires
termites rouges

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0a807.gifLas de vivre seul, Téré décida un jour d’aller chercher une compagne. Il se rendit au pays de Bacouya, le Cynocéphale où il rencontra une épouse de son goût.
Ses beaux-parents lui érigèrent comme condition unique du mariage de leur bâtir une case. Téré coupa de la paille qu’il fit sécher au soleil.

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Trois jours après, quand il voulut la ramasser, il fut mordu à la main droite par un gros termite rouge.
Son sang gicla, abîma les ailes d’un papillon qui s’envolait.
Les oiseaux en voyant cette tâche de sang sur les ailes du papillon crièrent. Leurs cris alertèrent le singe blanc qui, affolé, se mit à courir et détacha dans sa fuite un gros fruit sauvage.
Ce fruit sauvage tomba sur le dos d’un éléphant qui en se sauvant piétina une tortue.
La tortue à son tour fit jaillir du feu qui incendia la brousse, domaine des fourmis noires.

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Celles-ci se portèrent chez la tortue pour lui demander pourquoi elle avait mis le feu à leur brousse.
La tortue accusa l’éléphant qui à son tour incrimina le singe blanc.
Le singe blanc parla d’un gros fruit sauvage qu’il avait bousculé dans sa fuite devant les cris réitérés de certains oiseaux affolés.
Les oiseaux soutinrent qu’un papillon aux ailes rouges de sang les avait effrayés. Le papillon nomma Téré qui lui avait abîmé les ailes par son sang. 
évoqua la morsure d’un termite rouge au cours d’une opération de ramassage de paille sèche.

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Les fourmis noires se portèrent alors chez les termites rouges, leur livrèrent bataille, en exterminèrent et transportèrent les cadavres dans leur demeure.

Elles jurèrent de combattre les termites rouges à chaque rencontre pour se venger de leur crime.

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ZARAZARA la vertueuse

 

 UNE FILLE et SA MÈRE

ou
La punition

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0a807.gifUn jour, la jeune Zarazara, du village de Madori partit en brousse chercher du bois de cuisine.
Elle était tout affairée près d’un marigot, quand elle vit une petite tortue sortir de l’eau et se diriger vers le buisson où elle se trouvait.
Zarazara  prit la tortue et la roula dans son pagne.
Vite, elle lia son fagot, le prit sur la tête et se hâta de revenir au village où elle montra l’animal à sa mère.

Puis, elle alluma un feu pour griller sa tortue et se réjouissait déjà du bon repas qu’elle allait faire.

Mais, au moment où la braise était à point, sa mère l’appela :
Viens m’aider à piler le mil pour le déjeuner de midi.
Zarazara obéit immédiatement.

Le mil pilé, elle s’apprêtait à cuisiner sa tortue quand sa mère qui l’observait du coin de l’œil, fit encore appel à ses services :
Viens m’aider à vanner le mil.
La jeune fille obéit à nouveau.

Et ce manège dura jusqu’à ce qu’elles achèvent de préparer le déjeuner.

Or, pendant que Zarazara aidait sa mère, cette dernière fit signe à ses autres filles de griller la tortue et de la manger sans se soucier d’elle.

Quand toute la famille eut fini de déjeuner, Zarazara demanda à sa mère si elle pouvait à présent griller sa tortue.
La mère répondit simplement qu’elle n’aurait pas à se donner cette peine car ses sœurs l’avaient déjà mangée.

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Pour Zarazara, la surprise fut désagréable, elle se mit alors en colère, pleura et quitta la maison de ses parents pour se réfugier dans la brousse.

Sa mère qui connaissait l’efficacité de sa fille dans les tâches ménagères, partit à sa recherche et l’aperçut, perchée sur la branche d’un baobab.
Elle la pria de descendre en chantant :
Diyata, Diyata shido da bisa .

La fille lui répondit sur le même air :
Ouwata, ouwata bana shido ba, da sun ka tchi kounkourun su ba taré da ni ba.

Après plusieurs essais, de guerre lasse, la mère revint au village et informa son mari de l’attitude de sa fille.

Il tenta à son tour de ramener Zarazara à la maison en entonnant le refrain de sa femme.
Il n’eut pas plus de succès : la jeune fille lui fit la même réponse.
Il rentra donc lui aussi bredouille au village.

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Or, la nuit suivante, une violente tornade secoua si fort le baobab où était perchée Zarazara que la jeune fille tomba.
Tous ses os se brisèrent et le matin, quand sa mère revint sur les lieux, elle ramassa les restes de sa fille dans un panier en se lamentant.

Elle avait cependant un espoir de pouvoir lui redonner vie : en effet, elle avait entendu parler de l’existence, dans un village voisin, d’un forgeron très habile capable de remettre en place les squelettes brisés.

L’artisan accepta de refaçonner la jeune fille à une condition : qu’elle-même emmène ses deux bœufs au pâturage, qu’elle mange tout ce qu’ils mangeraient et qu’elle boive l’eau qu’ils auraient bue et dans laquelle ils auraient laissé tous leurs excréments.

La mère, dégoûtée, accepta tout de même l’épreuve.
Elle mena les deux bœufs au pâturage, mangea de ce qu’ils avaient mangé et but l’eau qu’ils avaient troublée de leurs excréments.
Puis, elle revint au hameau du forgeron avec les animaux.

Quand ils s’approchèrent de l’atelier, le grand bœuf beugla :
Oumbou ! oumbou ! baban dogari gyara kira kay day gyara kira.

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L’habile forgeron tint alors promesse et la répara si bien la jeune fille qu’il la rendit à sa mère plus jolie qu’elle n’était avant l’accident.

Un jour, le fils du roi vint à passer et l’ayant aperçue, il fut sous le charme de sa beauté et la demanda en mariage.

Les parents de Zarazara, heureux et fiers, acceptèrent aussitôt et on célébra en grande pompe les cérémonies du mariage.

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C’est alors que Tarzoma, la coépouse de la mère de Zarazara  fut prise d’une immense jalousie et ordonna à sa fille Gouarigouaza de grimper sur la branche d’un baobab et de se laisser tomber pour pouvoir se faire réparer par l’habile forgeron d’hommes.
Quand elle serait transformée en une très belle jeune fille, elle aurait, elle aussi, un prince pour mari.

Aussitôt dit, aussitôt fait.
Mais Tarzoma, n’eut pas le courage d’accomplir l’épreuve imposée.
Lorsque les bœufs revinrent du pâturage, près de l’atelier de l’artisan, ils lui tinrent ce langage :

Oumbou ! oumbou ! Baban Dogari batakira kay day bata kira.

Le forgeron fit de Gouarigouaza la fille la plus laide du monde.
Sa mère en la voyant s’affola et s’enfuit dans la brousse d’où elle ne revint jamais.

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Le CAIMAN…ment

 

 Diassigue-le-caïman
ou
LE SALAIRE

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0a807.gifDiassigue-le-caïman, raclant le sable de son ventre flasque, s’en retournait vers le marigot après avoir dormi, la journée durant au chaud soleil, lorsqu’il entendit les femmes qui revenaient de puiser de l’eau, de récurer les calebasses, de laver le linge.

Ces femmes qui avaient certainement plus abattu de besogne avec la langue qu’avec les mains, parlaient et parlaient encore.
Elles disaient, en se lamentant, que la fille du roi était tombée dans l’eau et qu’elle s’était noyée, que fort probablement, c’était même certain (une esclave l’avait affirmé), dès l’aurore, Bour-le-Roi  allait faire assécher le Marigot pour retrouver le corps de sa fille bien aimée.

Diassigue, dont le trou, à flanc de marigot, se trouvait du côté du village, était revenu sur ses pas et s’en était allé loin à l’intérieur des terres dans la nuit noire.

Le lendemain, on avait, en effet, asséché le Marigot, et on avait, de plus, tué tous les caïmans qui l’habitaient; et, dans le trou du plus vieux, on avait retrouvé le corps de la fille du roi.

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Au milieu du jour, un enfant, qui allait chercher du bois mort, avait trouvé Diassigue-le-Caïman dans la brousse.

- Que fais-tu là, Diassigue?  S’enquit l’enfant.
-Je me suis perdu, répondit le Caïman. Veux-tu me porter chez moi, Goné?
- Il n’y a plus de Marigot, lui dit l’enfant.
- Porte-moi alors au fleuve, demanda Diassigue-le-caïman.

Goné-l’enfant  alla chercher une natte et des lianes, il enroula Diassigue dans la natte qu’il attacha avec les lianes, puis il la chargea sur sa tête, marcha jusqu’au soir et atteignit le fleuve. Arrivé au bord de l’eau, il déposa son fardeau, coupa les liens et déroula la natte.

Diassigue lui dit alors :

- Goné, j’ai les membres tout engourdis de ce long voyage, veux-tu me mettre à l’eau, je te prie?

Goné-l’enfant  marcha dans l’eau jusqu’aux genoux et il alla déposer Diassigue quand celui-ci lui demanda :

- Va jusqu’à ce que l’eau t’atteigne la ceinture, car ici je ne pourrais pas très bien nager.

Goné s’exécuta et avança jusqu’à ce que l’eau lui fût autour de la taille.

- Va encore jusqu’à la poitrine, supplia le caïman.

L’enfant alla jusqu’à ce que l’eau lui atteignit la poitrine.

- Tu peux bien arriver jusqu’aux épaules, maintenant.

Goné marcha jusqu’aux épaules, et Diassigue lui dit :

- Dépose-moi maintenant.

Goné obéit; il allait s’en retourner sur la rive, lorsque le caïman lui saisit le bras.

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- Wouye yayô!(O ma mère!) cria l’enfant, qu’est-ce que ceci? Lâche-moi !
- Je ne te lâcherai pas, je n’ai rien mangé depuis deux jours et j’ai trop faim.
- Dis-moi, Diassigue, le prix d’une bonté, est-ce donc une méchanceté ou une bonté?
- Une bonne action se paie par une méchanceté et non par une bonne action. Maintenant, c’est moi qui suis en ton pouvoir, mais cela n’est pas vrai, tu es seul au monde certainement à l’affirmer.
- Ah! Tu le crois?
- Eh bien! Interrogeons les gens, nous saurons ce qu’ils diront.
- D’accord, accepta Diassigue, mais s’il s’en trouve trois qui soient de mon avis, tu finiras dans mon ventre je te l’assure.

A peine finissait-il sa menace qu’arriva une vieille vache qui venait s’abreuver. Lorsqu’elle eut fini de boire, le caïman l’appela et lui demanda :

- Nagg, toi qui es si âgée et qui possède la sagesse, peux-tu nous dire si le paiement d’une bonne action est une bonté ou une méchanceté?

- Le prix d’une bonne action, déclara Nagg-la-vache, c’est une méchanceté, et croyez-moi, je parle en connaissance de cause.
Au temps j’étais jeune, forte et vigoureuse, quand je rentrais du pâturage on me donnait du son et un bloc de sel, on me donnait du mil, on me lavait, on me frottait et si Poulo, le petit berger, levait par hasard le bâton sur moi, il était sûr de recevoir à son tour des coups de son maître.
Je fournissais, en ce temps, beaucoup de lait et toutes les vaches et tous les taureaux de mon maître sont issus de mon sang.
Maintenant, j’ai vieilli, je ne donne plus ni lait ni veau, alors on ne prend plus soin de moi, on ne me conduit plus au pâturage.
A l’aube, un grand coup de bâton me fait
sortir du parc et je vais toute seule chercher ma pitance.
Voilà pourquoi je dis qu’une bonne action se paie par une mauvaise action.

- Goné, as-tu entendu cela? Demanda Diassigue-le-Caïman.
- Oui, dit l’enfant, j’ai bien entendu.

Déhanchant sa fesse maigre et tranchante comme une lame de sabre, Nagg-la-Vache s’en alla, balançant sa vieille queue rongée aux tiques, vers l’herbe pauvre de la brousse.

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Survint alors Fass-le-cheval, vieux et étique. Il allait balayer l’eau de ses lèvres tremblantes avant de boire, lorsque le caïman l’interpella :

- Fass, toi qui es si vieux, et si sage, peux-tu nous dire, à cet enfant et à moi, si une bonne action se paie par une bonté ou par une méchanceté?

- Certes, je le puis, affirma le vieux cheval.
Une bonté se paie toujours par une mauvaise action, et j’en sais quelque chose. Écoutez-moi tous les deux.
Du temps où j’étais jeune, fougueux et plein de vigueur, j’avais pour moi seul, trois palefreniers ; j’avais, matin et soir, mon auge remplie de mil et de barbotage avec du miel souvent à toutes les heures de la journée. L’on me menait au bain tous les matins et l’on me frottait. J’avais une bride et une selle fabriquées et ornées par un cordonnier et un bijoutier maures. J’allais sur les champs de bataille et les cinq cents captifs que mon maître a pris à la guerre furent rapportés sur ma croupe.
Neuf ans, j’ai porté mon maître et son butin.
Maintenant que je suis devenu vieux, tout ce que l’on fait pour moi, c’est de me mettre une entrave dès l’aube, et, d’un coup de bâton, on m’envoie dans la brousse chercher ma pitance.

Ayant dit, Fass-le-Cheval balaya l’écume de l’eau, but longuement puis s’en alla, gêné par son entrave, de son pas boitant et heurté.

- Goné, demanda le caïman, as-tu entendu? Maintenant, j’ai trop faim, je vais te manger.
- Non, fit l’enfant, oncle Dassigue, tu avais dit, toi-même, que tu interrogerais trois personnes. Si celle qui viendra dit la même chose que ces deux-là, tu pourras me manger mais pas avant.
- Entendu, acquiesça le caïman, mais je te préviens que nous n’irons pas plus loin.

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Au galop, et sautillant du derrière, Leuk-le-Lièvre passait. Diassigue l’appela :

- Oncle Leuk, toi qui es le plus vieux, peux-tu nous dire qui de nous dit la vérité? Je déclare qu’une bonne action se paie par une méchanceté, et cet enfant déclare que le prix d’une bonne action, c’est une bonté.

Leuk se frotta le menton, se gratta l’oreille, puis interrogea à son tour :

- Diassigue, mon ami, demandez-vous à l’aveugle de vous affirmer si le coton est blanc ou si le corbeau est bien noir ?

- Assurément non, avoua le caïman.
- Peux-tu me dire où va l’enfant dont tu ne connais les parents?
- Certainement pas!
- Alors, expliquez-moi ce qui s’est passé, et je pourrai peut-être répondre à votre question sans risque de beaucoup me tromper.
- Eh bien, oncle Leuk, voici : cet enfant m’a trouvé là-bas à l’intérieur des terres, il m’a enroulé dans une natte et il m’a porté jusqu’ici. Maintenant, j’ai faim, et comme il faut bien que je mange, car je ne veux point mourir, ce serait bête de le laisser partir pour courir après une proie incertaine.

- Incontestablement, reconnu Leuk, mais si les paroles sont malades, les oreilles, elles, doivent être bien portantes, et mes oreilles, à ce que j’ai toujours cru sont bien portantes, ce dont je remercie le bon Dieu, car il est une de tes paroles, frère Dassigue, qui ne me paraît pas en bonne santé.

- Laquelle est-ce? Interrogea le caïman.
- C’est lorsque tu prétends que ce bambin t’a porté dans une natte et t’a fait venir jusqu’ici. Cela je ne peux le croire.
- Pourtant c’est vrai, affirma Goné-l’Enfant.
- Tu es un menteur comme ceux de ta race, fit le lièvre.
- Il a dit la vérité, confirma Diassigue.
- Je ne pourrais le voir que si je le vois, douta Leuk. Sortez de l’eau tous les deux.

L’enfant et le caïman sortirent de l’eau.

- Tu prétends que tu as porté ce gros caïman dans cette natte ? Comment as-tu fait?
- Je l’ai enroulé dedans et j’ai ficelé la natte.
- Eh bien je veux voir comment.

Diassigue s’affala dans la natte, que l’enfant enroula.

- Et tu l’as ficelée, as-tu dit?
- Oui!
- Ficelle-le voir.

L’enfant ficela solidement la natte.

- Et tu l’as porté sur ta tête?
- Oui, je l’ai porté sur ma tête!
- Eh bien! Porte sur ta tête que je le voie.

Quand l’enfant eut soulevé natte et caïman et les eut posé sur sa tête, Leuk-le-Lièvre lui demanda :

- Goné, tes parents sont-ils forgerons?
- Que non pas!
- Diassigue n’est donc pas ton parent? Ce n’est pas ton totem?
- Non, pas du tout!

- Emporte donc ta charge chez toi, ton père et ta mère et tous tes parents et leurs amis te remercieront, puisque vous en mangez à la maison. Ainsi doivent être payés ceux qui trichent.


 

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Le MARABOUT vicieux

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 Le Marabout vicieux

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0a807.gifTous les hommes sur la terre étaient bons, avaient les mêmes chances, réussissaient dans les mêmes entreprises.

Pourquoi sont-ils devenus différents ?
Je m’en vais vous expliquer l’origine des qualités chez les hommes.

Il était une fois, un marabout qui eut une jolie fille à qui il donna le prénom Fatima.
Fatima enflamma le coeur de tous les célibataires de notre contrée par sa beauté et son charme.
Tous les garçons en âge de se marier se faisaient la concurrence pour sa main.
Les peuls apportaient fréquemment du lait et des veaux au père.
Les bambaras venaient cultiver son champs et lui donnaient une partie de leur récolte.
Les maninka lui offraient des captifs et les julas beaucoup de cauris.

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Le marabout était donc très gâté grâce à la beauté et au charme de sa fille.
Il 
 tomba alors dans le vice de la facilité.
Les quatre tribus bambara, peul, jula et maninka envoyèrent chacune leur délégation avec le nécessaire pour demander la main de Fatima à son père, le marabout.
Il accepta les propositions des quatre délégations promettant à chacune la main de sa fille.

Étonnés par l’attitude du marabout, les membres des quatre délégations se mirent à redoubler de talents pour arracher l’offre.
A leur demande, le marabout annonça les noces de sa fille. Ils devenaient de plus en plus inquiet avec l’approche des échéances.

La veille du mariage, Dieu lui envoya un ange vu qu’il multipliait les sollicitations et restait tard sur sa natte de prière. Il expliqua ses angoisses à l’ange qui les rapporta à Dieu.
Il était un grand marabout , respecté et craint dans toute la contrée.
Ses prières furent exhaussées.
Dieu lui envoya l’ange avec le message suivant : il lui ordonna d’enfermer sa fille dans une case en compagnie de trois animaux : un âne, un chat et un chien. Le lendemain, il ouvrira la case et prendra la décision qui lui semble la meilleure.

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Le marabout exécuta les recommandations divines.

Aux premières lueurs de l’aurore, il alla frapper à la porte de la case en appelant Fatima il entendit quatre voix identiques lui répondre en choeur. Il cassa la porte et se retrouva en face de quatre filles identiques et il ne pu reconnaître sa vraie fille des autres.

Les quatre filles furent données en mariage et chaque délégation est répartie avec sa Fatima. Les convives ne purent pas cacher leur étonnement et le marabout gagna encore en estime et sa renommée rayonna encore plus loin.

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Mais une chose l’intriguait : à quelle tribu avait-il donné sa vraie fille ?

A cause de son vice, Dieu le punit et il ne le saura jamais.
Il mourut très tôt d’angoisse et ne pût savourer les cadeaux auxquels il prétendait.

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Le bracelet magique

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 Ou

CONFIANCE PERDUE

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0a807.gifUn homme très riche habitait dans la brousse avec sa femme.
Il possédait un bracelet que Wende lui avait donné.

Conserve-le bien. Tant que tu l’auras , tu seras riche.

Un jour qu’il se disputa avec sa femme, celle-ci vola le bracelet et le cacha en haut d’une petite case élevée, étroite, solide et sans porte qu’elle construisit dans la brousse.

Cependant, les biens du mari commencèrent à disparaître : ses troupeaux périrent, ses richesses se perdirent. Bref, il devint pauvre. L’homme cherchait partout son bracelet, mais ne le retrouvait pas.

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Il rencontra un chien.

- Que fais-tu là ? Dit le chien.
- Je cherche un bracelet auquel je tiens beaucoup.
- Si tu me récompenses
, dit le chien, je t’aiderai.
- Si tu le trouves, je te donnerai tout ce que tu veux, dit l’homme.

Le chien, flairant bien, cherchait partout avec son nez. Il finit par tomber sur la case construite par la femme et, ne pouvant entrer, appela l’homme.

- Ton bracelet est là, dit-il, mais je ne peux pas entrer. Comment allons-nous faire ?
- Que faites-vous ici ?
 » dit le chat qui passait.

Le chien et l’homme expliquèrent leur embarras.

Je peux faire un trou, dit le chat, mais que me donneras-tu ?
- Si tu vois seulement mon bracelet,
dit l’homme, je te donnerai tout ce que tu voudras.  »

Le chat fit un trou, parvint dans la case et vit le bracelet attaché en haut de celle-ci. Il sortit pour dire à l’homme et au chien que le bracelet était bien là, mais qu’il ne pouvait pas l’attraper.

La souris survint et dit :
- ce ne sera qu’un jeu pour moi de faire tomber le bracelet. O homme, si je le fais, qu’est-ce que tu me donneras ?
- Tout ce que tu voudras,
dit l’homme.

La souris entra dans la case, grimpa, fit tomber le bracelet.
Puis elle sortit :
- J’ai fait tomber le bracelet par terre, mais je ne peux pas le sortir parce qu’il est trop lourd pour moi.

- A mon tour !  dit le chien.
Et il le rapporta.

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Dès que l’homme eut son bracelet en main il redevint riche.
Les troupeaux arrivaient de tous côtés. Les richesse affluaient. L’homme regagna sa case, emmenant avec lui le chien, le chat et la souris.

Depuis ce temps-là,
le chien ne vit plus dans la brousse, mais chez l’homme qui lui donne de la viande.
Le chat ne vit plus dans la brousse,mais chez l’homme qui lui donne du lait.
La souris ne vit plus dans la brousse, mais chez l’homme qui lui donne des arachides -
Tous sont heureux !

Excepté la femme justement, car depuis ce temps-là, l’homme a perdu confiance en elle.

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CIEL ? recula !

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ET LE CIEL RECULA … 

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cyndirella122652839602gros.gifIl y a longtemps, bien longtemps, avant que nos ancêtres ne viennent s’établir dans cette contrée, le Ciel et la Terre, non seulement vivaient en bonne compagnie, mais résidaient à proximité l’un de l’autre. Ils pouvaient ainsi se concerter lors de décisions importantes à prendre qui concernaient la survie de l’humanité aussi bien que des animaux, des plantes, des roches et minéraux dont le rayonnement apportait tant de bienfaits.

Le Ciel penchait bien souvent son regard bienveillant vers les êtres vivant juste en dessous de lui. Il se courbait si fort qu’il lui arrivait de frôler la cime des manguiers et des fromagers. Parfois même, des vieux très grands de taille, comme ceux qui habitent les bords du fleuve, sentaient un frisson parcourir leur crâne aux cheveux soigneusement rasés. Ils savaient alors que le ciel leur témoignait une attention toute spéciale. Ils en retiraient un sentiment encore plus aigu de leur importance et de leurs responsabilités.

cyndirella122652839602gros.gifUn jour, une jeune femme, saisit une jarre de terre cuite et la plaça sur les trois pierres qui constituaient le foyer. Le bois avait déjà donné de hautes flammes. A présent, les braises rougeoyaient en sifflant harmonieusement, comme pour donner le maximum de leur chaleur.
La femme s’activait, maniant avec dextérité la longue spatule de bois qui servait à remuer le mélange d’eau et de farine fermentée dans l’eau, afin d’obtenir une pâte homogène, à la surface bien lisse.
Elle réalisait toutes ces opérations en silence. Car la concentration était nécessaire à une pleine réussite de cet art demeurant délicat même s’il se répétait quotidiennement.

Après avoir fini de cuire la pâte de maïs qui constituait l’essentiel du repas familial, la jeune femme racla soigneusement le fond de la marmite pour la débarrasser des morceaux qui y restaient attachés.
Elle y versa deux ou trois calebasses d’eau qu’elle prit d’un énorme récipient, de terre cuite également, placé près du puits pour contenir la réserve pour la journée.

cyndirella122652839602gros.gifMalencontreusement, elle remua la marmite en tout sens, puis, d’un geste distrait, elle lança le contenu bien haut, de toutes ses forces.

Malheur ! L’eau s’éleva si haut qu’elle s’en vint cogner la voûte céleste.

Le Ciel, bien entendu, se mit en colère. Il gronda de plusieurs coups de tonnerre sans qu’il fasse réellement de l’orage. Mais cela ne suffit point à l’apaiser.

- Que ferais-je pour manifester mon mécontentement ? dit-il à nouveau, dans un roulement sourd.

- Tomber de toute ma puissance sur cette femme et l’écraser ? Cela ne convient pas à ma grandeur. Je ferais mieux tout simplement de me mettre désormais hors de la portée des humains.

cyndirella122652839602gros.gifDepuis ce jour, le Ciel se retira loin, bien loin de la Terre. Il ne consentit plus jamais à descendre jusqu’à une distance de contact avec les humains.

Quelques morceaux de pâte de maïs flottaient dans l’eau qui le toucha. Ils y restèrent collés et forment aujourd’hui les étoiles.

C’est ainsi que par l’inadvertance d’une femme la face du monde fut irrémédiablement changée.

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LES ORPHELINS

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LES ORPHELINS

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cyndirella122652839602gros.gifAutrefois, dans le village de Gani-Gawané, les orphelins étaient rejetés et abandonnés. Selon cette triste habitude, une année, à l’approche de la saison des pluies, le petit Adamou fut emmené dans une brousse lointaine parce que personne ne voulait plus s’occuper de lui : un de ses oncles qui l’avait recueilli après la mort de ses parents et l’avait élevé presque dix ans, mourut lui aussi et sa veuve avait beaucoup de mal à élever ses propres enfants. Le chef du village à qui elle avait fait appel décida donc d’abandonner le petit Adamou.

cyndirella122652839602gros.gifAinsi l’enfant se retrouva-t-il seul, parmi les animaux sauvages, à des lieues du village le plus proche. Comme par miracle, il trouva une grotte et s’y cacha. Or, grâce à Dieu, dans le fond de cette grotte, on avait caché, sans doute pour les protéger des razzias, des vivres les plus divers : de la viande séchée, des sacs emplis de niébé** et tout ce qu’il lui fallait pour vivre. Dans la brousse épaisse qui l’entourait, Adamou put ainsi éviter la mort à laquelle il était destiné. Il apprit à éviter les animaux sauvages, sut bientôt faire des pièges et se distraire en regardant les ombres, les nuits de pleine lune. Mais nuit et jour aussi, il maudissait les habitants du village qui l’avaient abandonné. Il souhaitait pour eux les pires catastrophes dont il avait entendu les anciens parler : les pluies qui noyaient les récoltes, ou au contraire, la sécheresse, ou encore, les invasions de sauterelles. Ses malédictions furent efficaces. Ainsi, des semaines, des mois passèrent sans qu’une goutte d’eau ne tombe à Gani-Gawané. La tristesse y devenait pesante car ni le manioc, ni le niébé, ni le sorgho*** ne germaient dans les terres qu’on avait ensemencées et la perspective de la famine accablait grands et petits.

cyndirella122652839602gros.gifAu contraire, les pluies de l’hivernage avaient arrosé tous les villages alentour, partout, les paysans s’apprêtaient déjà à des récoltes abondantes, les greniers allaient déborder. La bonne fortune des villages voisins augmentait encore la tristesse et le découragement à Gani-Gawané. On ne savait plus à quel génie se vouer et bientôt, il fallut aller dans les villages voisins quémander jusqu’au moindre grain de mil ou de sorgho. Nulle part, on n’était disposé à aider un village qu’on considérait comme maudit.

cyndirella122652839602gros.gifLes bergers de Gani-Gawané eux-mêmes, durent beaucoup s’éloigner pour trouver des pâturages encore verts. Un jeune berger à peine plus âgé qu’Adamou alla même jusqu’à s’approcher de la grotte perdue où l’orphelin avait trouvé refuge. Ses vaches paissaient paisiblement sur une étendue d’herbe bien verte proche de ces lieux quand l’une d’elle quitta le troupeau ; le petit berger la suivit et découvrit, tout étonné, au bas de la falaise où il se trouvait, une anfractuosité d’où sortait le son d’une voix humaine. Prêtant l’oreille, il fut stupéfait d’entendre ces maux : « Habitants de Gani-Gawané, maudits soyez-vous qui m’avez abandonné loin des hommes. Je suis seul loin de tout et sans la nourriture que je retire du fond de cette grotte, je n’aurais pu survivre à cet abandon. Que vos semences se noient sous les pluies d’hivernage, que la sécheresse fasse mourir les jeunes pousses, que les sauterelles dévorent ce qui reste sur pied. Puissent vos enfants en périr puisque vous ne faites pas l’effort de prendre soin des orphelins. Et toi, génie de cette grotte, fais que cette malédiction se réalise ! »

Le berger comprit bien vite qui parlait, il se souvenait d’Adamou dont il avait partagé les jeux et le reconnut vite comme l’auteur de ces malédictions.

cyndirella122652839602gros.gifAbandonnant sur le champ son troupeau, il courut au village informer le chef de ce qu’il venait de découvrir. Ce dernier n’eut pas de peine à reconnaître ses torts et appela le sorcier qui s’empressa de supplier le génie de la grotte. Pendant ce temps, tous les hommes du village se rendirent en cortège auprès d’Adamou et le ramenèrent bien vite à Gani-Gawané. Le chef du village le prit dans sa maison où il fut accueilli comme l’un de ses fils. Une grande pluie s’abattit aussitôt sur le village. C’est depuis ce jour que les orphelins sont traités avec soin et amour à Gani-Gawané.

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L’HIPPOPOTAME BLANC

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L’HIPPOPOTAME BLANC

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cyndirella122652839602gros.gifLes tribus des Bayombé et des Mongo étaient ennemies depuis toujours. Nul ne se rappelait la vraie raison de cette hostilité qui n’en était pas moins farouche et tenace.

Le plus souvent, c’étaient les Mongo, guerriers accomplis, qui cherchaient querelle aux Bayombé. Ceux-ci étaient travailleurs et pacifiques, mais une fois attaqués, ils se défendaient avec détermination. Ainsi, tout en vivant côte à côte, les Mongo et les Bayombé se faisaient une guerre permanente sans que pour autant les uns l’emportent sur les autres.

cyndirella122652839602gros.gifUn jour, les Bakouba, apparentés aux Mongo vinrent s’installer sur le territoire de ceux-ci. Ensemble, ils décidèrent de chasser les Bayombé de leurs terres.


Le chef des Bayombé fut mis au courant de cette alliance par Dombi, puissant sorcier, qui avait l’habitude d’invoquer directement Mguri-mgori, le plus grand des dieux. Le chef mobilisa aussitôt ses guerriers, mais les Mongo et les Bakouba étaient bien supérieurs en nombre.
Pendant des jours et des nuits, Dombi prépara une puissante magie qui devait faire pencher la victoire du côté des Bayombé.
cyndirella122652839602gros.gifLe sorcier avait un fils paralysé de naissance, nommé Ingola. Trés affecté par l’infortune de son enfant, Dombi s’en plaignit amèrement aux puissants Esprits. Lorsque la guerre devint imminente, le grand Mguri-mgori lui apparut en songe et lui dit :
« Sorcier Dombi, tu as maintes fois sollicité notre aide pour ton malheureux fils Ingola. Sache, cependant, que malgré son infortune, il sauvera ton peuple dans cette guerre. Qu’il fabrique une lance, mais dans un matériau autre que le bois, et qu’il se rende, armé de cette lance, dans les marécages pour y trouver l’hippopotame Daga.

cyndirella122652839602gros.gifCe n’est pas un hippopotame ordinaire : sa peau est d’une blancheur éclatante. Daga, l’hippopotame blanc, portera ton fils sur le champ de bataille où ton peuple sera en train de se battre.  

Ingola arrivera juste à temps pour lui permettre d’emporter la victoire. Lui-même, toutefois ne reviendra pas du combat.  »
Le sorcier raconta son rêve à Ingola, qui fut transporté de joie :
« Ainsi, j’irai, moi aussi, au combat ! je ne serai plus la risée des femmes en restant à la maison ! Je me demande seulement comment fabriquer ma lance autrement qu’en bois ?  »
Le sorcier réfléchit, puis conseilla à son fils :
« Le mieux sera de la forger en laiton.  »
cyndirella122652839602gros.gifIngola se mit aussitôt à l’ouvrage. Sa lance était terminée lorsque les guerriers Bayombé finirent de se préparer au combat. Il s’en alla vers les marécages de Daga, l’hippopotame blanc, tandis que les guerriers Bayombé partirent pour la guerre. Ingola marcha en clopinant jusquêau marécage, alors que l’hippopotame venait déjà à sa rencontre. Daga présenta son large dos au jeune homme qui s’y hissa et partit au champ de bataille.
La guerre y faisait rage.

cyndirella122652839602gros.gifLa chance commençait à pencher du côté des Mongo et des Bakouba, supérieurs en nombre. Les Bayombé durent reculer, leur retrait se transformant rapidement en débandade, puis en fuite éperdue. Chevauchant son hippopotame blanc, Ingola choisit ce moment crucial pour surgir telle une tornade au milieu des ennemis qu’il se mit à ravager avec sa lance en laiton. Il abattit les Mongo et les Bakouba par rangées entiéres, Daga, l’hippopotame blanc, piétinant leurs têtes pour les enfoncer dans le sol.
Plus aucun doute ne subsistait sur l’issue de la guerre.

cyndirella122652839602gros.gifVainqueurs, les Bayombé n’eurent pas le loisir de remercier et célébrer leur jeune héros car un événement extraordinaire se produisit alors : l’hippopotame blanc trotta jusquêà un immense arbre creux qui poussait à côté du champ de bataille. Il s’engouffra dans la cavité avec le jeune homme qui le chevauchait toujours, sa lance à la main. Lorsque les Bayombé accoururent au pied de l’arbre, la cavité avait disparu.
cyndirella122652839602gros.gifDepuis ce temps-là, les Bayombé racontent qu’Ingola sortira de l’arbre sur le dos de son hippopotame blanc, brandissant sa lance de laiton le jour où une grave menace pésera sur son peuple. Il sortira de l’arbre et, avec son aide, les Bayombé sortiront victorieux de la guerre.

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Pourquoi tant d’IDIOTS ?

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Pourquoi tant d’idiots dans le monde ?

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Autrefois, il y avait beaucoup moins d’idiots qu’aujourd’hui.
Quand il s’en trouvait un quelque part, aussitôt on le chassait du village.
Aujourd’hui, par contre, il faudrait chasser la moitié du village et encore, cela ne suffirait pas. Mais comment se fait-il qu’il y en ait tant ?

cyndirella122652839602gros.gifVoici comment les choses se passèrent :
Un jour, trois idiots qu’on avait chassés pour leur bêtise se retrouvèrent à une croisée de chemins et se dirent :
« Peut-être arriverons-nous à quelque chose d’utile en réunissant l’intelligence de trois têtes stupides.  »
Et ils poursuivirent leur chemin ensemble. Peu de temps après, ils arrivèrent devant une cabane d’où sortit un vieil homme.
« Où allez-vous ?  » demanda celui-ci.
Les idiots haussèrent les épaules :
« Là où nous porteront nos jambes. On nous a chassés de chez nous pour notre bêtise ».


cyndirella122652839602gros.gifLe vieux répliqua :
« Alors, entrez. Je vais vous mettre à l’épreuve.  »
Il avait trois filles tout aussi bêtes et se montrait donc compréhensif. Le lendemain, il demanda au premier idiot :
« Va à la pêche !  »
Et au deuxième :
« Va dans les fourrés et tresse des cordes !  »
Puis au troisième :
« Et toi, apporte-moi des noix de coco ! « .
Les idiots prirent un carrelet, une hache et un bâton et se mirent en route.
Le premier s’arrêta au bord d’une mare et se mit à pêcher. Quand son carrelet fut plein, il eut tout d’un coup soif. Il rejeta tout le poisson dans l’eau et rentra boire à la maison.
cyndirella122652839602gros.gifLe vieux lui demanda :
« Où sont les poissons ?  »
« Je les ai rejetés à l’eau. La soif m’a pris et j’ai dû vite rentrer pour me désaltérer.  »
Le vieux se fâcha :
« Et tu ne pouvais pas boire à la mare ?  »
« Tiens, je n’y ai pas pensé. « 

Pendant ce temps, le second idiot avait tressé un tas de cordes et se préparait à rentrer. Il s’aperçut qu’il n’avait pas de corde pour les attacher. Alors, il courut en chercher à la maison.
Et le vieil homme se fâcha encore :
« Et pourquoi n’as-tu pas attaché ton tas avec l’une des cordes ?  »
« Tiens, je n’y ai pas pensé. « 

Le troisième idiot grimpa sur un cocotier et montra les noix de coco à son bâton :
« Tu vas jeter par terre ces noix, compris ?  »
Il descendit et commença à lancer le bâton sur le cocotier, mais il ne fit tomber aucune noix. Lui aussi rentra à la maison bredouille et une fois de plus, le vieux se fâcha :
« Puisque tu étais sur le cocotier, pourquoi n’as-tu pas cueilli les noix à la main ?  »
« Tiens, je n’y ai pas pensé. « 


cyndirella122652839602gros.gifLe vieux comprit qu’il n’arriverait à rien avec les trois sots. Il leur donna ses trois filles pour femmes et les chassa tous.
Les idiots et leurs femmes construisirent une cabane et vécurent tant bien que mal. Ils eurent des enfants aussi bêtes qu’eux, les cabanes se multiplièrent et les idiots se répandirent dans le monde entier.

 

 

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MORT …Pourquoi ?

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 Comment la mort arriva dans le monde

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Voici ce que raconte la légende …

Le dieu Soko créa d’abord la tortue Dagbatchi,
ensuite les hommes et à la fin les pierres.

cyndirella122652839602gros.gifSoko créa un homme et une femme de chaque espèce, de la tortue, de l’homme et de la pierre.
Il les anima dans l’ordre cité, à l’exception des pierres.
Mais aucun ne pouvait avoir d’enfant.
Quand ils étaient devenus vieux, Soko les rajeunissait.
Ainsi, il n’était point besoin d’enfants.

Mais Dagbatchi, la tortue, se rendit auprès de Soko et dit :
 » J’aimerais avoir un enfant.  »

 » Et pourquoi veux-tu avoir un enfant ?  »

 » Tu sais - répondit Dagbatchi - que je marche très mal. C’est tout un travail pour moi et pour ma femme. Mais parfois nous avons besoin de faire des courses et si nous avions un enfant, nous pourrions l’envoyer faire ces courses.  »

cyndirella122652839602gros.gif Soko réfléchit.
«  je n’ai pas prévu de vous donner des enfants  » répondit-il.

Dagbatchi  rentra chez lui.
Mais peu après, il se retrouva devant le dieu.
 » Il serait beau d’avoir un enfant ; ou même plusieurs. Ils nous serviraient beaucoup, ô dieu.  »

Soko se mit en colère :
« Pourquoi viens-tu ici pour demander des enfants ?  »

« Les enfants seraient pratiques, ô dieu. Ils pourraient nous aider et nous ne serions pas si seuls ; quand je serai vieux …  »

 » … tu rajeuniras.  »

 » Quand je serai vieux et avant de rajeunir, je pourrai à peine me rendre au point d’eau. Mes jambes me feront mal, parce que mon corps est si lourd. Parfois, je dois me tenir des heures durant sous le soleil le plus ardent sans pouvoir avancer. C’est bien dur, tu dois avouer.  »

La mine sérieuse, le dieu répondit :
 » Ne sais-tu pas, Dagbatchi, que tous ceux qui donnent naissance à des enfants doivent mourir, tôt ou tard ?  »

Dagbatchi  fixa Soko et approuva de la tête.

 » – Es-tu prêt à mourir si je te donne des enfants ?  »

 » – Lorsque ma femme portera des enfants, tu pourras me faire mourir.  »

 » Envoie-moi les hommes !  »

L’homme et la femme se présentèrent. 


cyndirella122652839602gros.gifSoko  s’éclaircit la gorge, puis il annonça :
 » Dagbatchi m’a confié qu’il voulait avoir des enfants. Que décidez-vous pour vous ?  »

 » Il serait bon d’avoir des enfants, seigneur - répondit la femme. Quand mon mari est à la chasse, je suis seule à la maison. L’enfant, si c’est une fille, pourrait m’aider à la maison, et je serai moins seule. « 

 » Et si c’est un garçon - ajouta l’homme - il pourrait ramener le gibier et porter le panier quand je vais à la chasse. Et quand je serai vieux et que mes mains trembleront, il pourra me remplacer à la chasse. C’est très pratique d’avoir des enfants. « 

cyndirella122652839602gros.gifEt Soko demanda :
 » Êtes-vous prêts à mourir pour avoir des enfants ?  »
 » Oui « 
répondirent les hommes.

L’homme ajouta :
 » Quand nous aurons des enfants, cela ne me fera rien de mourir. « 

Les pierres étaient placées sur le sol et ne dirent mot.
Soko les interpella.
 » Vous vous taisez ? Voulez-vous aussi avoir des enfants pour ensuite mourir ? « 

Mais les pierres n’en avaient aucunement envie.
Alors Soko décida :
«  Il en sera comme vous le désirez !  »

La femme de Dagbatchi se trouva grosse et, trois mois après, Dagbatchi mourut. Lorsque les enfants naquirent, il n’était plus de ce monde.
La femme de l’homme se trouva enceinte également et donna naissance à des enfants. Son mari mourut peu après.
Elle prit alors un autre mari car, seule, elle ne pouvait nourrir ses enfants.

Seules les pierres ne meurent pas, car elles n’ont pas d’enfants.

*

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