TuniZien/CONTE ?

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Un conte pour s’endormir ?

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«Raconter une histoire à un enfant avant de dormir, c’est l’accompagner durant son passage de la veille au sommeil».

C’est en ces termes que Dr Wahid Koubâa, psychiatre,

définit cette tradition universelle que les parents, à travers les civilisations et de générations en générations, ont pris soin de transmettre et de conserver, pour le grand bonheur des enfants.

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Ces moments d’intimité unissant la mère et son enfant ne sont pas des instants fugitifs :

il s’agit d’un rituel qui habitue l’enfant à être attentif et à l’écoute d’autrui.


En proie, tel un petit chahrayar, à la progression d’une intrigue haletante, l’enfant s’initie au langage, aux principes du bien et du mal, à la vie…

Cependant, avec le stress de la vie quotidienne et les nouvelles responsabilités de la mère moderne, avec l’emprise grandissante du petit écran sur les enfants, cette tradition commence à faiblir.


Et les nouvelles générations se trouvent parfois privées du plaisir qui, pourtant, apporte beaucoup à l’enfant, et contribue à son équilibre psychique et affectif.

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S’endormir sans histoire et…sans rêves

Nawel, âgée de 30 ans, est mère d’un enfant de 2 ans et demi et d’un autre de 8 mois :

« Le moment où mon enfant s’apprête à dormir coïncide, pour moi, avec la fin d’une journée bien remplie », déclare-t-elle.

Elle précise toutefois qu’elle joue souvent avec son aîné à cache-cache, aux légos…

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Habitante de la Marsa, Sonia est aussi mère de deux enfants. Elle rejoint l’avis de Nawel sur ce point en se montrant sceptique sur l’utilité des contes :

«Je trouve que l’univers de ces contes ne correspond plus à la vie moderne. Les jeux sur ordinateur, les jeux d’intelligence ou encore les leçons sont beaucoup plus utiles pour les nouvelles générations…/…
lire la suite de l’article dans TuniZien.com

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Racontez-vous à vos enfants

une histoire avant le câlin du soir ?

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MECHANTE femme

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Conteur 
Madougou Koraou

Groupe d’élèves 
Habibou Alou, Mamane Bizo, Alio Nassamou, Omar Tchitoumou, Habiou Tchémago, Saïdou Kadadé, Illa Manomi

Enseignants qui ont appuyé les enfants 
Siddo Halidou, Assoumane Koraou, Laouali Alzouma

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Le roi et sa femme

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MECHANTE femme  dans Contes 0a807Il était une fois un roi qui s’ennuyait en compagnie de ses courtisans.
Il se décida donc, suivant le conseil des vieux sages, à parcourir son royaume à la recherche d’une seconde épouse, qui pourrait réjouir ses jours. 
Mais trouver une seconde épouse s’avéra plus difficile qu’il n’y paraissait d’abord. En effet, quand il passait dans les villages de son royaume, le roi ne découvrait que des femmes qui ne lui convenaient pas : les femmes sans mari étaient trop vieilles ou trop jeunes, trop bavardes ou trop curieuses, trop coquettes ou trop sérieuses.

Et un jour, après avoir visité tous les villages connus de son royaume, le roi, encore plus las qu’au début de sa quête, décida de rentrer à sa cour. Comme il atteignait un village perdu que nul ne connaissait dans son entourage, un vieillard, attiré par le nuage de poussière que soulevaient les montures du cortège, s’approcha et interrogea un des courtisans qui se tenait en avant-garde de la troupe :

— D’où venez-vous, avec vos visages si fatigués ?

— Nous cherchions une seconde épouse pour notre roi mais il n’y a dans ce royaume aucune qui lui convienne, aussi revenons-nous à la cour, tristes et las.

Le vieillard observa l’homme avec méfiance mais finit par lui dire :

— Je peux faire quelque chose pour vous et votre roi mais il faut me promettre de toujours protéger la femme que j’indiquerai, si le roi l’accepte comme seconde épouse.

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Le courtisan, trop heureux d’entrevoir la fin de ses peines, s’empressa d’accepter et convainquit le roi et ses compagnons, malgré leur lassitude, de se rendre dans un groupe de cases qu’ils apercevaient à l’orée du village. Là-bas se tenait la « zaoura » que le vieillard avait indiquée.
Prudent, cependant, le roi voulut observer sans se faire connaître, cette nouvelle prétendante. Quand il eut enfilé les loques qu’un pauvre paysan lui avait cédées, il s’approcha de la case, en prononçant les formules d’usage pour réclamer l’aumône.

Une jeune femme sortit et lui fit signe de s’asseoir, en lui présentant une calebasse de foura.
Le roi comprit bien vite qu’il avait devant lui, la seconde épouse qu’il lui fallait : elle chanta en balayant le sol pendant qu’il buvait lentement la foura et elle ne prêta pas l’oreille aux propos malveillants d’une de ses voisines qui s’entendaient par-delà les murs de la cour.

Le roi fut séduit par tant de gaîté, de sérieux et de discrétion et, après avoir revêtu ses habits somptueux, il vint lui demander de l’épouser. La jeune femme accepta d’un signe de tête et suivit le cortège.

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Mais, bien vite, dans sa nouvelle demeure, la jeune épousée surprit tout le monde : aucun de ceux qui visitaient la cour, princes ou paysans, ne la vit participer à une conversation ni donner son avis, comme si elle restait sourde aux propos qui se tenaient devant elle.
Tous d’ailleurs, répétaient à qui voulait l’entendre :

— Le roi a épousé une sourde !

Mais le roi appréciait la discrétion de sa nouvelle épouse et avait pris plaisir à écouter sa belle voix quand elle avait chanté devant lui dans sa case, il laissait dire.  Cela ne fit que renforcer la jalousie de sa première épouse, dont le mauvais caractère n’avait cessé d’empirer.

La mégère commença un jour par tuer toutes les poules du roi.

Le roi, furieux, s’emporta :

— Qui a tué mes poules ?

— C’est la sourde, répondit la première femme.

Alors le roi déclara :

— On ne suit pas les paroles d’une sourde, il faut les jeter en brousse.

Un autre jour, la jalouse tua le chien de garde du roi. Comme elle venait lui annoncer la mort de son fidèle gardien, le roi s’emporta encore :

— Qui a tué mon chien ?

— C’est encore la sourde, répondit-elle.

— On ne suit pas les paroles d’une sourde, dit le roi, jetez-les en brousse.

 Une autre fois, la méchante femme tua le meilleur cheval du roi. Affligé par cette nouvelle épreuve, la mort de son animal préféré, celui-ci demanda :

— Qui a tué mon cheval ?

— C’est toujours la sourde.

Mais il se contenta encore de répéter :

— On ne suit pas les paroles d’une sourde, il faut les emporter en brousse.

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Plus tard, la jalousie de la mauvaise femme lui fit perdre toute raison et c’est son propre fils qu’elle tua, elle fit transporter son cadavre dans la case et se mit à pleurer.

 Pourquoi pleures-tu ? demanda le roi qui avait entendu ses plaintes.

— La sourde a tué mon enfant.

Le roi décida alors de punir cette femme qui tuait, les uns après les autres, animaux et personnes de son entourage. Il appela donc deux de ses fidèles courtisans :

— Gongombiro et Guirso !

— Roi, que ta vie soit longue ! Nous voici, répondirent les deux hommes.

— Cette femme, cette méchante sourde, prenez-la pour la tuer en brousse !

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Mais Gongombiro était ce courtisan qui avait promis de protéger la seconde épouse du roi. Il feignit cependant d’obéir aux ordres de son maître et prit son sabre. En compagnie de Guirso, il entraîna donc la sourde en brousse. Gongombiro, convaincu de l’innocence de la femme qu’ils devaient faire mourir, prit le temps de dévoiler son ancienne promesse à son compagnon. Celui-ci savait déjà qu’elle était victime de la jalousie de la première épouse et accepta de la sauver.

 Connais-tu le chemin de ton village natal ? demandèrent les deux compagnons à leur victime.

— Oui, je connais la route pour y aller.

— Va t’y réfugier. Nous saurons comment faire croire au roi que nous t’avons fait disparaître.

S’entaillant légèrement le bras, ils enduisirent leur sabre de sang et rentrèrent pour rendre compte au roi de leur mission : ils avaient bien tué la sourde, le sabre ensanglanté en témoignait.

Mais, la pauvre femme qui était revenue enceinte dans son village, accoucha d’un garçon.

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Le temps passa, l’enfant grandit, sa mère lui acheta des instruments de musique fabriqués dans des calebasses, et lui apprit cette chanson :

« ihé matché maï yawan kichi ko Doki alhaki, wadda tackaché kajin mijinta tatché nia, wadda tackaché karen mijinta taché nia, wadda tackaché dokin mijinta taché nia ; wadda tackaché dandan tchikin ta tatché nia »

Quand le jeune homme la sut parfaitement, sa mère lui dit :

— Regarde cette route, si tu la suis, elle te mènera jusqu’à la porte de ton père. Là, vit une mauvaise femme. C’est elle qui m’a séparée de ton père. Quand tu seras là-bas, tu chanteras la chanson que je t’ai apprise.

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Le moment venu, le jeune homme s’en alla à la cour du roi, son père, et chanta sa chanson. Dès qu’il l’eut entonnée, la première femme du roi, la coépouse de sa mère, le maudit et le chassa. Mais, sans se lasser, le lendemain il revint et répéta sa chanson. La mauvaise femme le chassa à nouveau, en le maudissant. Il rencontra alors une vieille femme qui lui demanda :

— D’où viens-tu ?

— Je dois mendier pour vivre, répondit-il. Est-ce que tu peux m’indiquer un lieu pour dormir ?

— Oui, ici il y a une case où tu peux te reposer.

 Le jeune homme déposa ses instruments et s’endormit. Le matin, il retourna chez le roi et commença à chanter. La première femme du roi le maudit encore et elle était sur le point de le renvoyer à nouveau, quand le roi l’aperçut et l’interrogea : 

— Sais-tu chanter ?

— Oui je sais chanter, mais ta femme m’empêche de le faire.

— N’aie pas peur, chante !

Le roi écouta la chanson de la sourde et lui dit :

— Vraiment tu sais chanter ! D’où viens-tu ?

Le jeune homme répondit sans hésiter et le roi constata qu’il venait du village où il avait trouvé sa seconde épouse qu’on surnommait la sourde. Il lui demanda alors le nom de sa mère.

— On la surnomme la sourde, répondit-il.

— Gongombiro et Guirso, cria le roi.

— Roi, que ta vie soit longue !

— Est-ce que vous aviez bien, autrefois, fait disparaître la femme qu’on surnommait la sourde ?

— Non, répondirent-ils pleins de crainte. Non, nous n’avons pu nous y résoudre.

— Vous avez bien fait. Voyez-vous ce jeune homme ? C’est le fils de cette femme. Allez me la chercher dans son village. Quant à ma première femme, mettez-la à mort.

Celle qu’on surnommait la sourde fut vite retrouvée et dit aux messagers du roi :

— Je veux bien revenir, mais je ne retournerai pas à pied chez le roi, mon époux.

On lui trouva alors une monture et on déroula un tapis depuis sa case jusqu’au palais royal.

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CHANSON :
O femme très jalouse, tu as péché, tu as tué les poulets de ton mari, tu as affirmé que c’était moi, tu as tué le chien et le cheval de ton mari, tu as répété que c’était moi. Tu as tué ton propre enfant et dit que c’était encore moi.

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CELIBATAIRE africain

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Le Célibataire et l’Éternel

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CELIBATAIRE africain dans Contes 0a807Il existait, dans le village de Kutu, un garçon d’une vingtaine d’années.
Contrairement à ses amis du village, ce garçon ne voulait pas se marier. Il préférait vivre d’abord avant de s’engager sur cette voie de mariage.

Mpia vivait sans se soucier ni de l’avenir, ni de ses parents, ni encore, de ses frères et soeurs.

Un jour, à l’issue du conseil de famille, Mpia décida de faire un voyage dans le royaume des cieux, pour demander à l’Eternel les raisons de son célibat. Ses soeurs et frères marquèrent leur accord et Mpia se mit à préparer son voyage avec tout le sérieux possible.

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Au premier chant du coq, le jeune homme se réveilla et quitta le village pour un long voyage. Escaladant monts et collines, il arriva devant Ndungu, qui l’interpella :

- Mpia ! Mpia ! Mpia !

- Me voici !

- D’où viens-tu ? où vas-tu ?

- Je viens du village Kutu, dans le Mayi-Ndombe ! Je m’en vais voir l’Éternel en vue de m’enquérir, personnellement, du mobile de mon célibat. Je pense trouver des explications auprès de l’Éternel.

- Ah ! bon ! Tu me parais intéressant, Mpia !

- Comment ?

- Tu es intéressant pour moi !

- Que puis-je faire pour toi alors ?

- Quand tu verras l’Eternel, ne lui parle pas de ton cas, mais parle-lui de ma situation. Demande-lui de dire pourquoi je pique fort quand les hommes me mangent ?

- C’est entendu, Ndungu ! Je lui ferai part de ta préoccupation !

- Alors, Ciao !

- Ciao !

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Sur ce, le jeune homme continua son chemin. Il marcha pendant des heures et des heures sans pouvoir se fatiguer. Il arriva dans une vallée : trois belles filles pilaient le manioc. A la vue du garçon, elles crièrent toutes ensemble :

- Oh ! Oh ! Oh ! Quel beau jeune homme ! D’où viens-tu ? Où vas-tu ? Pourquoi voyages-tu tout seul ? As-tu un problème sérieux ?

- Bonjour les belles filles ! Je m’appelle Mpia ! Je viens du village de Kutu, dans le Mayi-Ndombe. Je viens donc de très loin. Je m’en vais voir l’Éternel pour lui demander les raisons de mon célibat. Toutes les filles m’adorent mais moi je ne veux épouser aucune d’elles. C’est pour cela que j’ai décidé de rencontrer l’Éternel à ce sujet !

- Ah ! bon ! Tu es vraiment un jeune homme très intéressant pour nous ! Nous avons besoin de toi ! Nous comptons beaucoup sur ta grandeur d’âme ! Et bien, écoute : Quand tu verras l’Eternel, il ne faudra pas lui parler de ton cas. Mais parle lui de notre problème : Pourquoi nous les femmes devons-nous préparer, tous les jours, à manger pour les hommes ?

- Entendu ! Toutes vos plaintes seront transmises à l’Eternel ! Au revoir ! Et, peut-être à très bientôt !

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Le jeune homme continua son bonhomme de chemin… Il arriva sur le Mont des orangers.

Un oranger l’appela :

- Jeune homme ! Jeune homme ! Jeune homme ! Pourquoi te presses-tu ? D’où viens tu d’abord ? Où vas-tu en ce moment ? Quel est exactement ton problème ? Puis-je connaître ton nom ?

- Je me nomme Mpia. Je viens du village Kutu. Très loin, dans le Mayi-Ndombe. En ce moment précis, je m’en vais voir l’Éternel, Créateur du ciel et de la terre, Maître de l’univers, pour lui demander le mobile de mon célibat.

- Ah ! bon ! Tu es vraiment très intéressant ! Je te trouve très sympathique ! Je te félicite pour ton courage et ta volonté de rencontrer l’Eternel. Mais quand tu verras l’Eternel, il ne faudra pas lui parler de ton problème, mais parle Lui du nôtre : Pourquoi les oranges sont-elles généralement aigres ?

- D’accord, c’est entendu ! Ciao !

- A la prochaine !

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Sans se fatiguer, Mpia continua sa route. Il arriva aux Étangs Noirs. Là, il aperçu Ngando, un caïman vilain aux yeux rouges, dont le corps est couvert d’écailles. Cet animal aquatique avait la réputation d’avaler tout individu qui se moquerait de sa laideur. Dès qu’il vit le jeune homme passer devant les Étangs Noirs, il s’écria :

- Jeune homme ! Jeune homme ! Où vas-tu ? Qui t’a autorisé de passer par les Étangs Noirs ? Quelles nouvelles ? Manishima ? Nag a Def ? Ephata ?

- Lo Bessete ! Je viens du village Kutu ! Je m’en vais voir l’Éternel afin qu’il me dise la raison de mon célibat. Toutes les belles filles du village Kutu me courtisent. Mais je ne veux épouser aucune d’elles. Je tiens à rencontrer le Tout-Puissant pour qu’il m’explique ce phénomène qui semble dépasser mon entendement !

- Ah ! bon ! Tu es brave, jeune homme ! Et tu me parais très intéressant ! Je n’hésite pas à te faire confiance et à te confier une mission… Écoute, mon garçon : Quand tu verras l’Éternel, ne lui parle pas de ton problème. Mais parle Lui du mien : Pourquoi moi, Ngando, le vieux crocro, ai-je des écailles sur le dos ? Pourquoi dois-je vivre dans l’eau ? Pourquoi m’a-t-il créé vilain, laid et répugnant ?

- Bessete ! Bessete ! Ne t’en fais pas, vieux crocro ! Tous les problèmes seront exposés devant l’Eternel. Ciao !

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L’homme reprit son chemin. Il marcha jour et nuit sans se reposer.

Il finit par arriver sous un arbre. Il se reposa et commença à somnoler.

Soudain une femme surgit :

- Jeune homme ! Jeune homme ! D’où viens-tu ? Où vas-tu ? Comment t’appelles-tu ? Quelles nouvelles ? Tu viens d’une contrée lointaine ? Alors, raconte !

- Je m’appelle Mpia. Je viens de Kutu dans le Mayi-Ndombe. Je me rends chez l’Éternel Lui demander la raison de mon célibat. C’est Lui seul qui détient la clé du problème.

- Très bien, mon garçon ! J’admire ton courage ! Mais je plains ta jeunesse ! Soit. Prends ce talisman : Iteki. Ce fétiche te protégera contre vents et marées. En cas de danger, il faudra crier : Iteki ! Iteki ! Iteki ! Et tout ira mieux !

- Merci beaucoup !

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Fort de son soutien magique, le jeune homme reprit son bâton de voyage. Plus loin, il emprunta la route qui conduit chez l’Eternel. Pendant qu’il avançait vers le domaine enchanté de l’Eternel, la femme l’interpella :

- Mon garçon ! Mon garçon ! Mon garçon !

- Oui, madame !

- Arrête-toi un peu et écoute-moi bien : L’Éternel que tu vas voir, c’est mon propre fils. Avant d’apparaître dans son domaine merveilleux, Imbongila, un vent très violent, soufflera à travers la contrée. C’est un Janus à douze têtes. Toutes ces têtes boivent et mangent. Mais toi, il ne faudra pas avoir peur de Imbongila. Continue ton chemin. Iteki est avec toi. Vas-y ! Ouste ! Ouste !

-Le jeune homme reprit son chemin en toute quiétude… Pendant qu’il s’approchait du domaine merveilleux, un vent très violent souffla, arrachant arbres et palmiers. Des tonnerres accompagnèrent ce vent mystérieux. Mpia resta coi. Puis il s’écria : Iteki ! Iteki ! Iteki ! Le vent se calma. L’Éternel sortit des nuages et s’exclama :

- Je sens la présence d’un être étranger dans ma sphère ! D’où vient-il ? Et que vient-il faire dans mon domaine ? Qu’a-t-il fait pour apaiser la colère de l’intraitable Imbongila ?

Le jeune homme se présenta. Il exposa le mobile de son voyage dans l’Au-Delà et plaida la cause de ceux qu’il rencontra tout au long de son voyage.

L’Eternel lui dit :

- En vérité, en vérité,
Ngando, le caïman, ou le vieux crocro, a été puni. Il a mangé les petits enfants et il a fui la terre pour se cacher dans l’eau. Il restera, pendant des siècles, avec ses écailles, vilain, laid et répugnant.
L’oranger doit donner des oranges aigres. C’est la source par excellence de la vitamine C, nécessaire pour la défense de l’organisme humain.
Le piment,Ndungu, doit piquer pour rendre appétissantes les nourritures des hommes.
Quant à toi, mon cher Mpia, tu as la vie en rose dès cet instant : Va voir les trois belles filles qui pilent le manioc. Épouse les trois filles. Tu leur diras que la femme, c’est la moitié de l’homme. Elle doit préparer pour son mari. Retourne sur tes pas ! Ouste !

L’Eternel disparu. L’homme réalisa les volonté de l’Eternel et vécut dans l’abondance avec ses trois femmes.

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« Dans la vie, chaque chose à son heure ».

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0bonlundi20 dans Contes

ALADIN et la lampe…

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Aladin et la lampe magique

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ALADIN et la lampe... dans Contes 0a807Quelque part en Afrique,
vivait un puissant magicien qui possédait d’innombrables trésors, obtenus par magie.

Un jour qu’il était assis devant ses étranges instruments grâce auxquels il pouvait voir le futur, il vit dans un tourbillon de fumée quelque chose qui lui coupa le souffle.

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Dans une ville lointaine vivait un jeune garçon, Aladin, qui possédait, sans le savoir, un très grand pouvoir magique.

Plus encore, enterré dans une cave sous une colline hors les murs de la ville, se trouvait le plus merveilleux trésor qui soit au monde.
Ce n’était pas tout, dans la même cave se trouvait une vieille lampe qui pouvait exaucer tous les désirs de celui qui la possédait.
Aladin, et Aladin seulement, pouvait se rendre maître et du trésor et de la lampe.

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Le magicien, fasciné par ce qu’il avait vu, revint subitement sur terre
« Ne suis-je pas un grand magicien ?…,(se dit-il)… je ne vais certainement pas laisser un tel trésor entre les mains de cet ignorant. »

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En hâte il se déguisa en religieux et, frottant l’anneau magique qu’il avait au doigt, dit
« Conduis-moi dans la ville d’Aladin. »
En un éclair il fut dans la rue où Aladin jouait avec ses compagnons.

Dès qu’il l’eut reconnu, le magicien appela le jeune garçon :
- Aladin, mon cher neveu ! Viens que je t’embrasse ! Cela fait Si longtemps que je te cherche.

Aladin, le regardant avec étonnement, répondit
- Je ne vous connais pas, ma mère ne m’a jamais parlé d’un oncle et mon regretté père ne m’avait de sa vie parlé d’un frère.

- Mon pauvre enfant, (dit en pleurant le magicien)…cela fait si longtemps que je n’ai pas vu ton cher père et il me faut apprendre maintenant qu’il est mort… Mon cher enfant… par amour pour ton défunt père je veux prendre en charge ton éducation et faire de toi une personne respectable, car je vois à tes vêtements que ta mère a bien du mal à vous faire vivre.

- Mon oncle, dit Aladin,  ma mère, en effet, n’est qu’une pauvre ouvrière, allons la trouver pour lui annoncer la bonne nouvelle.

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Tout d’abord la pauvre veuve ne voulut pas croire le mystérieux étranger, mais elle se radoucit quand il lui donna dix pièces d’or afin qu’elle achète des vêtements à son fils.

-  Mais seulement les plus beaux , précisa-t-il … car, Si Aladin doit devenir riche et puissant, il doit être vêtu an conséquence. J’en jugerai par moi-même demain car dès le lever du jour je le prendrai à ma charge

La mère d’Aladin  employa les dix pièces d’or à l’achat des plus beaux et des plus fins vêtements qu’elle pût trouver.

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Le matin suivant, quand l’étranger revint, Aladin l’attendait, vêtu aussi somptueusement que les enfants des plus riches de la ville.

- Parfait, approuva le magicien,  maintenant allons, il n’y a plus de temps à perdre.

Il l’emmena dans de splendides jardins pleins de fleurs merveilleuses qui embaumaient. Leurs pétales multicolores se reflétaient dans les pièces d’eau, bordées de mosaïques et de fontaines. Ils se reposèrent sur une pelouse douce comme du velours et écoutèrent le chant des oiseaux.

Aladin n’avait jamais rien vu ni entendu d’aussi beau, même dans ses rêves…

Quand le magicien vit Aladin aussi émerveillé, il se frotta les mains, son plan devait réussir.

- Je vais te faire voir des choses extraordinaires et inconnues de tous les mortels, des richesses que personne n’a jamais vues..
promit-il, alors qu’ils approchaient de la colline sous laquelle était enfoui le trésor.

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Le magicien commença à mesurer le sol puis il s’arrêta.
Ayant allumé un feu de quelques brindilles, il y jeta une poignée d’encens. Bientôt il n’y eut plus qu’un épais nuage de fumée.

- Regarde à travers la fumée, dit le magicien lui montrant le sol.
Aladin, surpris, découvrit une trappe pourvue d’un anneau en fer.
Tu vas soulever cette trappe et descendre dans les profondeurs de la terre… murmura le faux-oncle,… tu passeras par des couloirs, des salles, des jardins, tout ce que tu pourras prendre sur le chemin sera à toi, la seule chose que je désire est une lampe qui est accrochée dans une des salles.

-  Avec plaisir, mon oncle,dit Aladin, mais pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi ?

- Je reste ici pour veiller sur ta sécurité … dit le magicien,… maintenant vas-y. 

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Aladin attrape l’anneau et soulève la trappe avec tant de facilité que le magicien en est suffoqué.
Le jeune garçon arrive à un passage obscur après avoir traversé de grandes salles pleines d’or, d’argent, de diamants, de perles et autres pierres précieuses.

Sans le savoir il a découvert le plus riche trésor du monde.
Il continue d’avancer et arrive à un jardin merveilleux.

Les arbres ploient, tant leurs branches sont chargées de fruits. Mais ce ne sont pas des fruits ordinaires, leur éclat est éblouissant.
De chaque branche tombent des diamants, des perles, des rubis d’un rouge intense, des améthystes, des émeraudes et des saphirs.
Les pétales des fleurs sont d’or fin et dignes d’orner la tête d’une princesse.

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Dans une niche est accrochée la lampe.
Elle est vieille, poussiéreuse et éclaire faiblement.
Aladin la décroche avec précautions, éteint la flamme, jette l’huile et prend le chemin du retour.

Alors seulement il prend le temps d’admirer les richesses qui l’entourent et d’en remplir ses poches.
Le magicien l’attend dans la plus grande impatience.
Quand il le voit, il crie:

- Que de temps il t’a fallu! Viens maintenant, passe-moi la lampe et je t’aiderai à sortir.

- Je ne peux pas, mon oncle, elle est trop lourde, aidez-moi d’abord à sortir , bégaieAladin.

Mais le magicien n’a pas la moindre intention de l’aider.
Il veut la lampe pour ensuite se débarrasser du jeune garçon.
Il insiste, tour à tour doux et menaçant, mais en vain.

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Aladin essaie encore, et encore, mais il ne peut réussir à soulever la lampe jusqu’à l’ouverture.
Alors le magicien entre dans une fureur épouvantable.

-  Ingrat, hurle-t-il, je vais te donner une leçon.

Et à ces mots il jette une seconde poignée d’encens dans le feu, tout en marmonnant des paroles magiques dans une langue inconnue.
La dalle de pierre se met à bouger et, lentement, recouvre l’ouverture.

- Puisque je ne peux pas avoir cette lampe, tu peux mourir, personne ne viendra te chercher là , dit-il avec un rire mauvais.
Puis il frotte l’anneau magique et disparaît.

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Aladin est tout seul dans l’obscurité.
Comment aurait-il pu penser que son oncle le traiterait aussi cruellement.
Il appelle au secours mais personne ne peut l’entendre et il ne peut sortir de là sans aide.
Il remonte les couloirs, les salles, jusqu’au jardin merveilleux, cherchant une issue éventuelle. Mais rien.
Désespéré, il revient au point de départ et, se laissant tomber dans un coin, il pleure silencieusement.

Puis il se met à prier.
Comme il prie, ses doigts accrochent la vieille lampe et soudain un génie à la figure énorme se matérialise devant lui.

- Maître, vous m’avez appelé, que désirez-vous ?
demande-t-il à Aladin.

-  Emmène-moi auprès de ma mère, ordonne le jeune garçon, abasourdi et, avant d’être revenu de son étonnement, il se trouve devant la porte de sa maison …

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Il raconte ses aventures à sa mère qui convient avec lui que la lampe renferme un pouvoir magique et ils comprennent alors pourquoi le magicien y tenait tant.

Aladin est fou de joie :
- Finies la pauvreté et les privations !
et, joignant le geste à la parole, il fait de nouveau apparaître le génie auquel il commande à dîner.

Le génie disparaît un instant et reparaît chargé d’une bassine et de douze plats d’argent, chacun rempli de mets plus délicats les uns que les autres.
Le génie apporte également du vin et des fruits délicieux, qu’il place devant Aladin et sa mère.

Cette dernière ne peut en croire ses yeux et tremble de crainte
- Jette cette lampe, mon fils, elle est ensorcelée et ne nous apportera que des ennuis.

- Mais c’est elle qui m’a libéré de cette trappe dans laquelle mon prétendu oncle m’avait enfermé !
proteste Aladin en commençant à manger.

*

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 *

 

Pourtant sa mère ne cesse de s’inquiéter et de trembler.
Pour lui faire plaisir, Aladin promet de cacher la lampe dans un endroit sûr et de chercher un travail honnête.
Puis tous deux décident de vendre les plats d’argent, et ainsi de vivre un certain temps confortablement.

Pendant la journée, Aladin va de marché en marché, regardant travailler les orfèvres et les commerçants en essayant d’apprendre quelque chose.

Un jour il décide d’ouvrir lui-même un commerce; emportant avec lui les pierres précieuses qu’il a ramenées du jardin merveilleux, il quitte la maison.

Il a à peine fait quelques pas qu’il entend les trompettes du messager du sultan

-  Rentrez chez vous, crie celui-ci,  fermez portes et fenêtres, la princesse Badroulboudour, fille du sultan, va passer, elle ne doit pas être vue. Si quelqu’un désobéit à cet ordre, il aura la tête coupée.

*

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*

Aladin a souvent entendu parler de la beauté de la princesse et il brûle d’envie de la voir.

Inconscient du danger, il se cache donc derrière une porte et attend qu’elle passe.

En effet la princesse est la plus belle brune que l’on peut voir au monde, elle éclipse par sa beauté toutes les servantes qui l’entourent..

Quand elle passe devant la porte derrière laquelle se cache Aladin, le vent soulève légèrement son voile, découvrant ainsi un visage dont la perfection le fait trembler d’émotion.

*

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*

Une fois la princesse passée, il reprend ses pierres précieuses et rentre en courant chez lui.
Il a toujours devant ses yeux, la vision de la princesse et, bien que sa raison sache que c’est pure folie, son coeur déborde d’amour.
Il ne peut plus ni manger ni dormir.
Sa mère le remarque et lui en demande la raison.

- Hélas mon fils !  se lamente-t-elle lorsqu’il lui raconte son tourment,  la fille du sultan n’est pas pour quelqu’un comme toi, quelque soit ton amour pour elle, mon fils, il n’y faut plus penser. 

- Ma fortune peut égaler celle du sultan,rétorque Aladin,  j’ai beau n’être que le fils d’un pauvre tailleur, je suis sûr que le sultan ne possède pas de pierres précieuses comparables aux miennes.

Aladin dispose ses pierres précieuses dans le bassin d’argent et ajoute :
- Chère mère, vous allez vous présenter au sultan et demander pour moi la main de la princesse. Prenez ces joyaux et offrez-les au sultan, ne me refusez pas cette faveur, je vous en supplie, ou je mourrai de chagrin.

*

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*

Il n’y a rien qu’une mère ne ferait pour son fils.
La mère d’Aladin prend donc le bassin plein de joyaux et, courageusement, se rend au palais.
Apres avoir franchi d’innombrables portes, elle arrive au divan, pièce immense où se trouvent les nobles, les vizirs et les juges de la cour.
Au centre de la pièce, trône le sultan en personne, écoutant les requêtes de ses sujets.

Quand elle le voit, la mère d’Aladin se sent défaillir et elle veut rebrousser chemin mais le sultan la remarque.
- Faites venir cette femme, je suis curieux de savoir ce qu’elle désire », dit-il à son grand vizir.

Une fois devant lui, la mère d’Aladin se prosterne, baise le tapis qui couvre les marches du trône et dit :

- Avant d’exposer à Sa Majesté le sujet extraordinaire qui me fait paraître devant son trône, je la supplie de me pardonner la hardiesse de la demande que je viens lui faire.
- Relève-toi, bonne femme…
répond gentiment le sultan… quoi que ce puisse être, je te le pardonne dès à présent et il ne t’arrivera pas le moindre mal parle hardiment.

J’ai un fils nommé Aladin ,
commence-t-elle et, d’une voix tremblante, elle raconte comment son fils, bien que ce soit interdit, a vu la princesse et, devant sa beauté incomparable, en est tombé follement amoureux.
Et je suis venue ici pour demander à Sa Majesté la main de sa fille pour mon fils.

- Et qu’est-ce qui te permet de penser qu’il est digne de ma fille ?
questionne le roi amusé.

- Il vous envoie ce présent…répond bravement la mère d’Aladin en découvrant le bassin d’argent. Un murmure d’admiration parcourt l’assemblée.

*

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*

 Le sultan, revenu de son étonnement, se penche vers son grand vizir et lui dit
Chacune de ces pierres vaut à elle seule dix fois plus que ma fortune tout entière, que dis-tu d’un tel cadeau? Que dois-je répondre?

- Je dois reconnaître que le présent est digne de la princesse… répond le vizir à contrecoeur…mais je pense qu’il serait prudent d’attendre quelques mois avant de vous prononcer, car je suis très soupçonneux quant a l’origine de ces pierres…

- Rentre chez toi, bonne femme… reprend le sultan et dis à ton fils que j’accepte sa requête mais qu’il lui faudra attendre trois mois car il me faut le temps de faire tous les préparatifs Aussi, reviens au bout de ce temps-là.

*

La mère, débordante de joie, se dépêche de rentrer pour annoncer la bonne nouvelle.

Cette nuit-là, Aladin s’endort le coeur léger, en remerciant Dieu de sa bonté.

Mais il ne sait pas que le grand vizir est prêt à tout pour l’empêcher d’épouser la princesse, car lui-même a un fils qu’il veut marier à la fille du sultan afin qu’il monte un jour sur le trône.

D’ailleurs, le sultan ne lui a-t-il pas promis la princesse pour son fils bien avant que la mère d’Aladin ne, se présente?
Va-t-il laisser un inconnu gâcher ses plans?

Le grand vizir sait ce qu’il lui reste à faire: le sultan devient vieux et il perd un peu la tête. S’il n’entend plus parler d’Aladin pendant quelque temps, il oubliera sa promesse.
Alors il pourra même le convaincre habilement que son propre fils est plus digne d’épouser la princesse Badroulboudour.

*

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*

Le vizir ne perd pas de temps.
Le plus important dans la préparation d’un mariage est la procession qui, à travers la ville, se rendra jusqu’au palais du sultan.

Le grand jour arrive.
Des soldats et des gardes en uniforme de cérémonie défilent dans les rues tandis que la population s’active à allumer des lampions et à jeter des fleurs.

Aladin ne sait rien de tout cela, car il ne quitte pratiquement pas sa chambre, comptant les jours qui le séparent de sa chance.
Pourtant ce soir-là, il s’aventure dans les rues et, étonné de voir la ville en fête, demande quelle est la raison de cette agitation.

- Nous célébrons aujourd’hui le mariage du fils du grand vizir avec la princesse Badroulboudour, étranger … lui répond-on.. Nous attendons que l’époux sorte du bain pour l’accompagner jusqu’au palais

*

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*

Aladin n’attend pas plus longtemps, il court jusqu’à sa chambre, prend la lampe qu’il avait cachée et fait glisser ses doigts sur le bronze.

Que désirez-vous, maître ?  demande aussitôt le génie.

-  En ce moment même la procession du mariage de la princesse Badroulboudour marche vers le palais du sultan. Je veux prendre la place du prétendant. Mène le fils du vizir chez lui et enferme-le. Procure-moi aussi les mêmes vêtements que les siens.

Il sera fait selon votre désir, maître…, répond l’esclave de la lampe.

En un clin d’oeil Aladin est habillé et parfumé comme un prince et transporté au palais.
La procession arrive à hauteur des portes du palais et personne n’a remarqué la substitution.
Seuls le sultan et le grand vizir s’étonnent à la vue de ce mystérieux étranger.

*

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*

Aladin se jette aux pieds du sultan
Monarque au-dessus des Monarques du monde, commence-t-il,  je viens au sujet de la promesse que vous avez faite à ma mère

Le sultan irrité se tourne vers le grand vizir :
-  Je me souviens, dit-il, ce doit être cet Aladin. Toi, mécréant, tu voulais que ton fils prenne sa place. 

- Je pensais seulement à votre intérêt,… dit le vizir furieux de la tournure des événements, …et Si vous voulez bien me permettre ce conseil, demandez à cet homme une dot digne de la princesse, vous ne savez même pas quelle est sa fortune.

Le sultan réfléchit un moment et dit :
-  Notre coutume, Aladin, est d’exiger une grosse dot pour une princesse. Pour ma fille, je demande quarante plats d’or fin remplis de pierres précieuses. A cette seule condition je te donnerai ma fille.

- Que Sa Majesté attende un instant, je reviens avec la dot qu’elle demande ,répond Aladin au grand étonnement des personnes pré-sentes.

*

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*

En hâte il rentre chez lui; un instant plus tard, on le voit apparaître dans la rue suivi de quarante servantes, chacune portant sur la tête un plat du plus bel or rempli des plus beaux joyaux. Il s’est procuré tout cela grâce à sa lampe magique…

Quelle magnifique procession !
Aladin marche en tête, sur un superbe cheval arabe, suivi de sa mère, habillée comme une reine et accompagnée de douze esclaves.
Des cavaliers les suivent, jetant à la foule émerveillée des milliers de pièces d’or.

Le sultan peut à peine en croire ses yeux.
Il vient lui-même à la rencontre d’Aladin, l’embrasse comme son propre fils et, n’écoutant plus les avertissements jaloux de son vizir, il donne l’ordre de commencer les festivités.

*

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*

En un instant la musique retentit et le sol se met à trembler sous les pieds des danseurs.
Le palais ruisselle de lumières et tout le monde s’amuse.
Le sultan, à qui Aladin a plu tout de suite, appelle ses juges et ordonne que le contrat de mariage soit signé sur-le-champ.

Une fois la chose faite, Aladin se lève et demande la permission de se retirer.
- Où voulez-vous aller, mon fils ? …lui demande le sultan,… au­jourd’hui est un grand jour et votre épouse vous attend.
Sa beauté est telle qu’elle mérite davantage que ce que j’ai pu lui donner jusqu’à présent, répond Aladin. J’ai décidé qu’avant le lever du jour, j’aurai fait construire un palais digne de recevoir la princesse. J’aimerais que vous choisissiez vous-même l’emplacement de notre future demeure.

Choisissez la partie de mon royaume qu’il vous plaira, si vous pensez que c’est nécessaire mais vous n’avez pas besoin d’un palais car à partir de ce jour, celui-ci est le vôtre.

*

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*

Cette nuit-là, une armée de génies invisibles travaille à la construction du palais d’Aladin tout près de celui du sultan.
Il est tout de marbre fin, de jade et d’agate; les pièces sont ornées d’or et d’argent, les murs de magnifiques tentures et les sols de merveilleuses mosaïques.

Avant le lever du jour, le palais retentit des voix des servantes, du bruit de la vaisselle et du hennissement des chevaux dans les écuries.
Le soleil se lève sur un tapis de velours qui court du palais d’Aladin au palais du sultan.
Ainsi font les esclaves de la lampe conformément aux ordres d’Aladin.

*

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*

La princesse Badroulboudour tombe éperdument amoureuse d’Aladin dès qu’elle le voit et les festivités de leur mariage durent quarante jours et quarante nuits dans le plus grand apparat.

Le grand vizir, voyant que sa cause est perdue à jamais, ne tente plus d’empêcher leur bonheur.
Ils auraient donc pu vivre parfaitement heureux si, quelque part, le terrible magicien ne s’était un jour souvenu d’Aladin.

*

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*

 

Encore une fois, du fin fond de l’Afrique, il décide d’essayer de rentrer en possession de la lampe merveilleuse et de savoir ce qu’il est advenu de cet Aladin qu’il a emprisonné dans la trappe. Il s’installe donc devant ses instruments et prononce la formule magique.

Quelle n’est pas sa surprise de voir qu’Aladin vit comme un prince et qu’il a épousé la fille du sultan lui-même!
Il entre dans une colère terrible, criant et gesticulant comme s’il était possédé par le diable, tout en se demandant comment lui dérober la fameuse lampe, car il est sûr que le fils d’un misérable tailleur n’a pu devenir gendre du sultan sans l’aide des pouvoirs magiques de la lampe.

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*

 

Il se décide à agir et sans perdre une minute il frotte son anneau magique. En un éclair, le voilà transporté dans la ville même où vit Aladin. Il se promène dans les rues questionnant les passants.

Bientôt il sait tout ce qu’il veut savoir sur Aladin et son palais.

 Alors il achète une douzaine de lampes neuves et commence à arpenter les rues en criant:

- Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve? Qui veut échanger une vieille lampe contre une neuve ?

Les citadins pensant que le camelot a perdu la raison profitent sans chercher davantage de cette offre inespérée. Le magicien échange en souriant lampe après lampe tout en se rapprochant du palais d’Aladin.

*

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*

Quand il arrive aux portes du palais, il ne lui reste plus qu’une lampe
- Une lampe neuve contre une vieille , crie-t-il sous les fenêtres d’Aladin.

Il a appris qu’Aladin et son épouse ne sont pas au palais, ainsi ne craint-il pas d’être découvert. Il tremble d’émotion lorsque l’un des esclaves du palais ouvre la fenêtre et lui crie :
- Attends un instant, notre maître a une très vieille lampe dans sa chambre. Je crois qu’il serait bien content, si on la lui changeait pour une neuve.

*

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*

Le magicien n’en croit pas ses yeux, l’esclave lui donne contre une neuve, la lampe merveilleuse qu’il désire depuis si longtemps…

Dès qu’il l’a entre les mains, il se hâte de quitter la ville, puis il attend que la nuit tombe et que le palais soit endormi.

Alors il frotte la lampe et le génie lui apparaît.
- Maître, que désirez-vous ?  demande-t-il.
- Je veux que le palais d’Aladin ainsi que la princesse soient transportés chez moi en Afrique, mais je veux qu’Aladin reste ici. Il s’expliquera lui-même avec le sultan, dit-il avec un rire mauvais.

*

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*

La nuit est sans étoile et sans lune. Tout à coup, sans que personne ne s’en aperçoive, le palais s’élève dans le ciel, ne laissant à la place qu’une vaste surface de terre battue.
Le matin, quand le sultan se réveille, il regarde comme il en a l’habitude, vers le palais d’Aladin. Mais ce jour-là, il ne peut en croire ses yeux, est-il en train de rêver?

Hélas non on aurait dit qu’un énorme coup de vent a balayé la terre et a tout emporté. A la place du palais, il n’y a plus qu’un espace vide. Horrifié, le vieux sultan fait appeler son grand vizir. 
-  Dis-moi ce que tu vois , lui ordonne-t-il en ouvrant la fenêtre.
- Majesté, le palais du prince a disparu ,
s’écrie le vizir stupéfait.

Puis, se tournant vers le sultan, il ajoute :
- Si seulement vous m’aviez écouté, j’ai toujours pensé que cet Aladin avait usé de moyens malhonnêtes et de magie pour épouser votre fille ! Il faut l’attraper, le punir sévèrement et le forcer à s’expliquer.

*

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*

Le sultan, la veille encore si attentionné pour Aladin, ne pense plus maintenant qu’à se venger.
- Il faut qu’il souffre les pires tortures , crie-t-il, fou de rage…lancez les gardes à sa recherche, qu’on fouille toute la ville pour le retrouver.

Ils ne cherchent pas longtemps.
Aladin dort profondément près d’un buisson.
On l’amène devant le sultan fou furieux et lorsqu’il est jeté dans le plus noir et le plus profond cachot, il n’a toujours pas compris ce qui lui arrive. Il est là impuissant, sans défense.

Très loin au-dessus de lui, il entend la voix du sultan
- Je te donne quatre jours et quatre nuits, Si d’ici là la princesse Badroulboudour n’est pas revenue, je te ferai couper la tête.

*

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*

 

Aladin l’écoute le coeur serré.
Où donc est sa chère princesse?
Il réfléchit longtemps à sa mystérieuse disparition et à la non moins mystérieuse disparition de son palais.
Il comprend enfin que seul le magicien peut être l’auteur de ce crime.

Mais comment le retrouver maintenant qu’il n’a plus sa lampe merveilleuse?

*

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*

Tandis qu’Aladin souffre dans sa prison, le magicien fait sa cour à la pauvre princesse Badroulboudour.

- Rien ne sert de pleurer, belle princesse, vous ne reverrez jamais Aladin , lui répète-t-il sans cesse.  Maintenant que je vous ai fait amener ici, en Afrique, vous et votre palais, personne n’osera plus essayer de vous enlever à moi. Je vous ai choisie pour épouse et ce soir je viendrai vous demander votre main. Si vous refusez de me prendre pour époux, malheur à vous !
ajoute-t-il d’une voix menaçante avant de la quitter.

*

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*

La princesse se cache tout d’abord la tête dans les mains et se met à pleurer. Puis elle imagine un plan:
si Aladin est impuissant, sans le secours de sa lampe, elle, au moins, peut agir.

Ce soir-là, elle met sa plus belle robe, s’enduit des plus riches parfums et ordonne qu’on prépare un somptueux festin, accompagné des vins les plus forts. Puis elle s’assoit et attend le magicien.

Elle l’accueille avec son plus doux sourire.
- Vous êtes mon maître, lui murmure-t-elle en se prosternant devant lui.

Le magicien ne peut détacher les yeux de la merveilleuse princesse.
- Je vois que vous avez pensé à ma proposition … commence-t-il, mais elle ne le laisse pas terminer.

Elle l’invite à se mettre à table, lui offre un verre de vin.
La soirée passe, la princesse parle, rit, dit mille bêtises et le magicien ne cesse de boire.
- Je sais, mon maître, dit enfin la princesse,  que votre pouvoir dépasse de loin celui de tous les rois du monde, d’où le tenez-vous ? 

- De cette lampe, bégaie le magicien, sortant de sa robe la lampe merveilleuse, il me suffit de la frotter ici et…
il ne peut terminer sa
phrase, il glisse lourdement sur le sol et se met à ronfler.

*

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*

La princesse n’attendait que cet instant, elle attrape la lampe et la frotte comme le magicien lui a indique.
Que désirez-vous, maîtresse ?
demande le génie qui est si grand et si impressionnant que la princesse en est terrifiée.

- Envoie ce magicien en enfer et reviens tout de suite, commande-t-elle, reprenant courage.

Le géant s’empare immédiatement du magicien et disparaît pour reparaître une seconde plus tard.
- Vous n’entendrez plus parler de ce magicien, dit-il. Désirez-vous autre chose, princesse ?
- Ramenez ce palais où il était !

*

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*

La lampe une fois de plus réalise les désirs de la princesse.
Avant que le coq ne chante, Aladin est libéré et rendu à sa princesse.

*

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*

Le sultan se réjouit avec eux et Aladin oublie bien vite les souffrances du cachot.

Mais à partir de ce jour, la lampe disparaît et on n’en entend plus parler.

L’intelligente princesse l’a cassée en mille morceaux, elle en a brûlé une partie, enterré une autre et jeté le reste à la mer.
Ainsi agit-elle car elle craint l’envie et le désir de pouvoir qui sont souvent plus forts chez les hommes que la bonté…
 

*

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Les trois SOURDS

 

Les 3 sourds

ou

La parole doit prendre son temps…

*

***

*

Les trois SOURDS dans Contes 0a807Histoire d’une femme.
Elle était sourde, tellement sourde qu’elle n’entendait rien.
Tous les matins elle portait son enfant sur son dos et elle se rendait à son champ. Elle avait un immense champ d’arachides.
Et un matin qu’elle était là, tranquillement à travailler dans son champ, arrive un monsieur.

Un monsieur tellement sourd qu’il n’entendait rien. Et ce monsieur cherchait ses moutons.

*

Écoutez-bien ! Il s’adressa à la dame :

Madame, je cherche mes moutons, leurs traces m’ont conduit jusqu’à votre champ. Est-ce que vous ne pourriez pas m’aider à les retrouver ? D’ailleurs, on les reconnaît bien mes moutons, parmi eux, il y a un mouton blessé. Madame si vous m’aidez à retrouver mes moutons, je vous donnerez ce mouton blessé vous pourrez toujours vous en servir.

*

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*

Mais elle, n’ayant rien entendu, rien compris, elle a pensé que ce monsieur lui demandait juste jusqu’où son champ s’arrêtait. Elle se retourna pour lui dire :
- Mon champ s’arrête là-bas.

*

Le monsieur a suivi la direction indiquée par la dame et par un curieux hasard il trouva ses moutons en train de brouter tranquillement derrière un buisson.
Tout content il les rassembla et est venu remettre à la dame le mouton blessé.

*

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*

Mais celle-ci, n’ayant rien entendu, rien compris, elle a pensé que ce monsieur l’accusait d’avoir blessé son mouton. Alors elle s’est fâchée :
- Monsieur, je n’ai pas blessé votre mouton. Allez accuser qui vous voulez mais pas moi. D’ailleurs des moutons, je n’en ai jamais vus.

Le monsieur quand il a vu que la femme se fâchait, il a pensé que cette femme ne voulait pas de ce mouton mais qu’elle voulait d’un mouton plus gros. Et à son tour, il se fâcha :
- Madame, c’est ce mouton que je vous ai promis. Il n’est pas du tout question que je vous donne le plus gros de mes moutons.

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Tous les deux il se fâchèrent, ils se fâchèrent à un tel point qu’ils finirent par arriver au tribunal.
Et le tribunal dans cette Afrique d’il y a longtemps, cela se passait sur la place du village, à l’ombre d’un grand arbre, l’arbre à palabres le plus souvent un baobab.

Et le juge, lui qui était en même temps le chef du village il était là entouré de tout ces gens qu’on appelle les notables.
La dame et le monsieur sont arrivés tout en continuant leur querelle.

Et après les salutations c’est elle qui parla la première :
- Ce monsieur m’a trouvé dans mon champ, il m’a demandé jusqu’où mon champ s’arrêtait. Je lui ai montré et j’ai repris mon travail. Ce monsieur est parti et quelques instants après il est revenu avec un mouton blessé m’accusant de l’avoir blessé. Or moi je jure que des moutons j’en ai jamais vus. Voilà pourquoi on est ici monsieur le juge.

*

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*

C’était au tour du monsieur :
-
Je cherchais mes moutons, dit-il, et leurs traces m’ont conduit jusqu’au champ de cette dame.
A cette dame j’ai dit que si elle m’aidait à retrouver mes moutons je lui donnerais un d’entre eux mais j’ai bien précisé le mouton blessé. Elle m’a montré mes moutons, c’est ce mouton blessé que je lui ai donné. Elle veut un mouton plus gros. Pensez-vous que je vais lui donner le plus gros de mes moutons à deux pas de la fête des moutons ?

*

Le juge se leva.
Il était aussi sourd qu’un pot !
Et quand il a vu l’enfant sur le dos de sa mère il a pensé qu’il ne s’agissait là que d’une petite querelle de ménage.
Alors il s’adressa au monsieur :

- Monsieur. Cet enfant est votre enfant. Regardez d’ailleurs comment il vous ressemble. A ce qu’il me semble vous êtes un mauvais mari. Et vous madame, des petits problèmes comme cela. Ce n’est pas la peine de venir jusqu’ici étaler ça devant tout le monde. Rentrez chez vous ! Je souhaite que vous vous réconciliez.

*

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*

Ayant entendu ce jugement, tout le monde éclata de rire.
Et le rire contamine le juge, la dame et le monsieur.
Que firent-ils ?
Ils éclatèrent de rire bien que n’ayant rien compris.
Et c’est à partir de là que le conte pose sa question : lequel de ces trois est le plus sourd ?

*

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*

 Leçon

*
Il vaut mieux ne pas se dépêcher de donner une réponse.
On conseille quelque part en Afrique,
d’avoir le cou aussi long que celui du chameau,
afin que la parole avant de jaillir
puisse prendre tout son temps.

*

0bonlundi20 dans Contes 

Le CAIMAN…ment

 

 Diassigue-le-caïman
ou
LE SALAIRE

*
***
*
 

0a807.gifDiassigue-le-caïman, raclant le sable de son ventre flasque, s’en retournait vers le marigot après avoir dormi, la journée durant au chaud soleil, lorsqu’il entendit les femmes qui revenaient de puiser de l’eau, de récurer les calebasses, de laver le linge.

Ces femmes qui avaient certainement plus abattu de besogne avec la langue qu’avec les mains, parlaient et parlaient encore.
Elles disaient, en se lamentant, que la fille du roi était tombée dans l’eau et qu’elle s’était noyée, que fort probablement, c’était même certain (une esclave l’avait affirmé), dès l’aurore, Bour-le-Roi  allait faire assécher le Marigot pour retrouver le corps de sa fille bien aimée.

Diassigue, dont le trou, à flanc de marigot, se trouvait du côté du village, était revenu sur ses pas et s’en était allé loin à l’intérieur des terres dans la nuit noire.

Le lendemain, on avait, en effet, asséché le Marigot, et on avait, de plus, tué tous les caïmans qui l’habitaient; et, dans le trou du plus vieux, on avait retrouvé le corps de la fille du roi.

*

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*

Au milieu du jour, un enfant, qui allait chercher du bois mort, avait trouvé Diassigue-le-Caïman dans la brousse.

- Que fais-tu là, Diassigue?  S’enquit l’enfant.
-Je me suis perdu, répondit le Caïman. Veux-tu me porter chez moi, Goné?
- Il n’y a plus de Marigot, lui dit l’enfant.
- Porte-moi alors au fleuve, demanda Diassigue-le-caïman.

Goné-l’enfant  alla chercher une natte et des lianes, il enroula Diassigue dans la natte qu’il attacha avec les lianes, puis il la chargea sur sa tête, marcha jusqu’au soir et atteignit le fleuve. Arrivé au bord de l’eau, il déposa son fardeau, coupa les liens et déroula la natte.

Diassigue lui dit alors :

- Goné, j’ai les membres tout engourdis de ce long voyage, veux-tu me mettre à l’eau, je te prie?

Goné-l’enfant  marcha dans l’eau jusqu’aux genoux et il alla déposer Diassigue quand celui-ci lui demanda :

- Va jusqu’à ce que l’eau t’atteigne la ceinture, car ici je ne pourrais pas très bien nager.

Goné s’exécuta et avança jusqu’à ce que l’eau lui fût autour de la taille.

- Va encore jusqu’à la poitrine, supplia le caïman.

L’enfant alla jusqu’à ce que l’eau lui atteignit la poitrine.

- Tu peux bien arriver jusqu’aux épaules, maintenant.

Goné marcha jusqu’aux épaules, et Diassigue lui dit :

- Dépose-moi maintenant.

Goné obéit; il allait s’en retourner sur la rive, lorsque le caïman lui saisit le bras.

*

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*

- Wouye yayô!(O ma mère!) cria l’enfant, qu’est-ce que ceci? Lâche-moi !
- Je ne te lâcherai pas, je n’ai rien mangé depuis deux jours et j’ai trop faim.
- Dis-moi, Diassigue, le prix d’une bonté, est-ce donc une méchanceté ou une bonté?
- Une bonne action se paie par une méchanceté et non par une bonne action. Maintenant, c’est moi qui suis en ton pouvoir, mais cela n’est pas vrai, tu es seul au monde certainement à l’affirmer.
- Ah! Tu le crois?
- Eh bien! Interrogeons les gens, nous saurons ce qu’ils diront.
- D’accord, accepta Diassigue, mais s’il s’en trouve trois qui soient de mon avis, tu finiras dans mon ventre je te l’assure.

A peine finissait-il sa menace qu’arriva une vieille vache qui venait s’abreuver. Lorsqu’elle eut fini de boire, le caïman l’appela et lui demanda :

- Nagg, toi qui es si âgée et qui possède la sagesse, peux-tu nous dire si le paiement d’une bonne action est une bonté ou une méchanceté?

- Le prix d’une bonne action, déclara Nagg-la-vache, c’est une méchanceté, et croyez-moi, je parle en connaissance de cause.
Au temps j’étais jeune, forte et vigoureuse, quand je rentrais du pâturage on me donnait du son et un bloc de sel, on me donnait du mil, on me lavait, on me frottait et si Poulo, le petit berger, levait par hasard le bâton sur moi, il était sûr de recevoir à son tour des coups de son maître.
Je fournissais, en ce temps, beaucoup de lait et toutes les vaches et tous les taureaux de mon maître sont issus de mon sang.
Maintenant, j’ai vieilli, je ne donne plus ni lait ni veau, alors on ne prend plus soin de moi, on ne me conduit plus au pâturage.
A l’aube, un grand coup de bâton me fait
sortir du parc et je vais toute seule chercher ma pitance.
Voilà pourquoi je dis qu’une bonne action se paie par une mauvaise action.

- Goné, as-tu entendu cela? Demanda Diassigue-le-Caïman.
- Oui, dit l’enfant, j’ai bien entendu.

Déhanchant sa fesse maigre et tranchante comme une lame de sabre, Nagg-la-Vache s’en alla, balançant sa vieille queue rongée aux tiques, vers l’herbe pauvre de la brousse.

*

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*

Survint alors Fass-le-cheval, vieux et étique. Il allait balayer l’eau de ses lèvres tremblantes avant de boire, lorsque le caïman l’interpella :

- Fass, toi qui es si vieux, et si sage, peux-tu nous dire, à cet enfant et à moi, si une bonne action se paie par une bonté ou par une méchanceté?

- Certes, je le puis, affirma le vieux cheval.
Une bonté se paie toujours par une mauvaise action, et j’en sais quelque chose. Écoutez-moi tous les deux.
Du temps où j’étais jeune, fougueux et plein de vigueur, j’avais pour moi seul, trois palefreniers ; j’avais, matin et soir, mon auge remplie de mil et de barbotage avec du miel souvent à toutes les heures de la journée. L’on me menait au bain tous les matins et l’on me frottait. J’avais une bride et une selle fabriquées et ornées par un cordonnier et un bijoutier maures. J’allais sur les champs de bataille et les cinq cents captifs que mon maître a pris à la guerre furent rapportés sur ma croupe.
Neuf ans, j’ai porté mon maître et son butin.
Maintenant que je suis devenu vieux, tout ce que l’on fait pour moi, c’est de me mettre une entrave dès l’aube, et, d’un coup de bâton, on m’envoie dans la brousse chercher ma pitance.

Ayant dit, Fass-le-Cheval balaya l’écume de l’eau, but longuement puis s’en alla, gêné par son entrave, de son pas boitant et heurté.

- Goné, demanda le caïman, as-tu entendu? Maintenant, j’ai trop faim, je vais te manger.
- Non, fit l’enfant, oncle Dassigue, tu avais dit, toi-même, que tu interrogerais trois personnes. Si celle qui viendra dit la même chose que ces deux-là, tu pourras me manger mais pas avant.
- Entendu, acquiesça le caïman, mais je te préviens que nous n’irons pas plus loin.

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Au galop, et sautillant du derrière, Leuk-le-Lièvre passait. Diassigue l’appela :

- Oncle Leuk, toi qui es le plus vieux, peux-tu nous dire qui de nous dit la vérité? Je déclare qu’une bonne action se paie par une méchanceté, et cet enfant déclare que le prix d’une bonne action, c’est une bonté.

Leuk se frotta le menton, se gratta l’oreille, puis interrogea à son tour :

- Diassigue, mon ami, demandez-vous à l’aveugle de vous affirmer si le coton est blanc ou si le corbeau est bien noir ?

- Assurément non, avoua le caïman.
- Peux-tu me dire où va l’enfant dont tu ne connais les parents?
- Certainement pas!
- Alors, expliquez-moi ce qui s’est passé, et je pourrai peut-être répondre à votre question sans risque de beaucoup me tromper.
- Eh bien, oncle Leuk, voici : cet enfant m’a trouvé là-bas à l’intérieur des terres, il m’a enroulé dans une natte et il m’a porté jusqu’ici. Maintenant, j’ai faim, et comme il faut bien que je mange, car je ne veux point mourir, ce serait bête de le laisser partir pour courir après une proie incertaine.

- Incontestablement, reconnu Leuk, mais si les paroles sont malades, les oreilles, elles, doivent être bien portantes, et mes oreilles, à ce que j’ai toujours cru sont bien portantes, ce dont je remercie le bon Dieu, car il est une de tes paroles, frère Dassigue, qui ne me paraît pas en bonne santé.

- Laquelle est-ce? Interrogea le caïman.
- C’est lorsque tu prétends que ce bambin t’a porté dans une natte et t’a fait venir jusqu’ici. Cela je ne peux le croire.
- Pourtant c’est vrai, affirma Goné-l’Enfant.
- Tu es un menteur comme ceux de ta race, fit le lièvre.
- Il a dit la vérité, confirma Diassigue.
- Je ne pourrais le voir que si je le vois, douta Leuk. Sortez de l’eau tous les deux.

L’enfant et le caïman sortirent de l’eau.

- Tu prétends que tu as porté ce gros caïman dans cette natte ? Comment as-tu fait?
- Je l’ai enroulé dedans et j’ai ficelé la natte.
- Eh bien je veux voir comment.

Diassigue s’affala dans la natte, que l’enfant enroula.

- Et tu l’as ficelée, as-tu dit?
- Oui!
- Ficelle-le voir.

L’enfant ficela solidement la natte.

- Et tu l’as porté sur ta tête?
- Oui, je l’ai porté sur ma tête!
- Eh bien! Porte sur ta tête que je le voie.

Quand l’enfant eut soulevé natte et caïman et les eut posé sur sa tête, Leuk-le-Lièvre lui demanda :

- Goné, tes parents sont-ils forgerons?
- Que non pas!
- Diassigue n’est donc pas ton parent? Ce n’est pas ton totem?
- Non, pas du tout!

- Emporte donc ta charge chez toi, ton père et ta mère et tous tes parents et leurs amis te remercieront, puisque vous en mangez à la maison. Ainsi doivent être payés ceux qui trichent.


 

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NOEL …conte africain

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Préparations pour les fêtes de fin d’année

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Pour les chrétiens
elles commencent dès le
1er dimanche de l’Avent

(cette année 29-11-2009)
Aussi pendant cette période
dans la mesure du possible les sujets seront-ils festifs
et des contes présents

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 MALIKAMU

et le peuple de fainéants

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cyndirella122652839602gros.gifIl y a bien longtemps de cela, un peuple de grands fainéants vivait au bord du Bon Fleuve. Le sol y était fertile et bien humidifié par l’eau du fleuve, si bien que le bétail paissait seul dans les pâturages verdoyants. Les femmes faisaient le peu qu’il y avait à faire, quant aux hommes, ils ne faisaient que paresser et boire de la bière.

Un jour, un étranger arriva au pays du Bon Fleuve. Il ne s’occupait de personne, ne cherchait pas d’amis, mais ne dérangeait personne. Il se construisit une belle maison, très spacieuse, et travailla sans relâche, du matin au soir. Cela finit par déranger certains. Non parce qu’il avait pris la terre sans en demander la permission (il y en avait assez pour tout le monde), ni parce qu’il chassait et pêchait (il y avait assez de gibier dans la steppe et de poisson dans le fleuve). C’était son attachement au travail qui ennuyait les gens. Ainsi, on le surnomma Mulikamu, ce qui veut dire travailleur.

L’étranger devint la risée des hommes qui, à force de se moquer de lui, finirent par le détester. Ils disaient :

 » Curieux personnage ! Il ne parle avec personne et ne fait que travailler. On ne peut rien espérer de bon d’un tel individu. « 

cyndirella122652839602gros.gifUn jour, ils organisèrent un grand rassemblement auquel ils invitèrent également l’étranger Mulikamu. À cette occasion, le sorcier s’adressa à l’assemblée :

 » Depuis peu, un curieux étranger s’est installé dans notre pays. Il ne salue personne et ne parle à personne. Il s’est construit une maison et a pris notre terre. Il chasse dans notre steppe et pêche dans notre fleuve et surtout, il travaille sans relâche. Or , le travail n’est pas l’affaire des hommes, les femmes sont là pour cela. Cet étranger introduit de nouvelles moeurs chez nous, offensant le Bon Fleuve qui nous nourrit. Qu’allons-nous faire de lui ? « 

Tous se mirent à crier :

 » Qu’il s’en aille ! Nous ne voulons pas de lui parmi nous ! « 

Mulikamu prit la parole :

 » Écoutez ce que j’ai à vous dire. Avant que je m’installe parmi vous, le grand Mguri-mgori m’est apparu en rêve pour me demander d’aller vous trouver et de vous apprendre à travailler. Vous êtes fainéants, et votre paresse finira par vous coûter la vie. Je suis là pour empêcher cela. « 

Exaspérée, l’assemblée hurla de plus belle.

 » Je vois que vous courez à votre perte « ,conclut Mulikamu.

Il quitta alors le beau pays du Bon Fleuve.

cyndirella122652839602gros.gifPendant longtemps, on n’entendit plus parler de lui. Un jour cependant, des gens qui redescendaient le fleuve, revinrent avec des nouvelles de Mulikamu. Après s’être installé plus en aval, il avait acheté vingt femmes avec lesquelles il charriait de lourdes pierres et des troncs d’arbres pour les précipiter dans le fleuve, à l’endroit où il était le plus étroit.

Les fainéants rirent de bon coeur :

 » Mulikamu est devenu fou. Le travail lui a ôté la raison. « 

Ils ne rirent pas longtemps. La saison des pluies vint et le fleuve déborda. À chaque saison des pluies, l’eau montait dans le fleuve, inondant les environs. Par la suite, le fleuve retournait dans son lit, laissant derrière lui un limon fertile. Or cette fois-ci, l’eau ne baissait pas, tout au contraire.

L’inondation progressait, détruisant les maisons, tuant hommes et bétail à son passage. Ce fut seulement à cet instant que les hommes comprirent que Mulikamu s’était vengé en construisant un ouvrage sur le fleuve avec ses femmes, barrage qui transforma la vallée en un grand lac.

cyndirella122652839602gros.gifDésespérée, la population fuit l’inondation dans la forêt et, une fois passée la saison des pluies, elle revint dans la vallée pour y reconstruire de nouveaux villages, labourer de nouveaux champs et élever de nouveaux troupeaux au bord du lac. Les hommes les plus sagaces commencèrent à comprendre que pour Mulikamu, il ne s’agissait pas de vengeance. En réalité, il les avait sauvés en accomplissant le voeu du grand Mguri-mgori qui était de leur apprendre à travailler.

Ainsi, les hommes qui vivaient au bord du lac qui se forma sur le Bon Fleuve cessèrent de paresser et devinrent travailleurs.

Depuis ce temps, le peuple de cette contrée vénère Mulikamu. Il lui fait des offrandes et l’appelle au secours le cas échéant, comme s’il était un dieu.

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Photographes africains à l’honneur

 

Aujourd’hui je voulais relayer une bonne nouvelle concernant ce magnifique continent…il y en a tant de désespérantes…

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Photographes africains à l'honneur dans Nouvelles 0a8Voilà donc :
- Faiza Hajji Wozniak (marocaine)
- Jacob Otieno et Simon Ndegwa (kenyans)
ont été récompensés par la PNUD dans un concours de photos ayant pour thème l’Afrique.

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Les parrains de cette compétition :
- la fondation AFP
- le fabricant Olympus (Japon)
ont remarqué ces trois candidats aux thèmes différents (arbres, femmes, couple kényan plantant un arbre le jour de leur mariage).

L’administratrice du PNUD, Helen Clark, espère que ces clichés apporteront un message pour le « Sommet de Copenhague sur la vulnérabilité des plus pauvres face au changement climatique« .

Espérons que le message sera écouté-entendu-stimulateur !!!

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N’oubliez pas de participer
au concert de soutien
(si vous pouvez)

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Afrique : rétrospective

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Le 7 juillet 1967
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début de la guerre du Biafra

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Le 30 mai 1967, le Colonel Ojukwu auto-proclama la République du Biafra indépendante du Nigéria ; il s’agissait de la sécession du territoire au Sud-Est du pays, le plus riche en pétrole.

Quel est ce Pays ?
Pourquoi cette sécession ?

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Cette région de la Terre est occupée par l’homme depuis 9000 ans avant J.C.
Un millénaire avant notre ère il travaillait le fer.
De multiples petits royaumes,
(correspondant aux différentes ethnies), y vivaient quand en 1472 le monde apprit son existence par des navigateurs portugais.

Suivirent alors 3 siècles de traite des nègres, (avec la collaboration rémunérée de tribus guerrières comme les Ashantis),  afin de mettre en valeur les nouveaux mondes.

En 1712, le traité d’Utrecht donna aux anglais le monopole sur ce pays ; et même si en 1807 le commerce humain fut interdit…il continua plus ou moins clandestinement.

Le pays était déjà le plus peuplé d’Afrique noire, en 1952, avec 34 millions d’indigènes et 12.000 colons. Ayant obtenu son indépendance des britanniques en 1960, il reste néanmoins très investi par les intérêts des anciens colonisateurs…notamment par leurs compagnies pétrolières (Shell et BP).

 

Afrique : rétrospective dans Retrospective 0afraSi le pays a des ressources,
elles ne profitent pas au peuple.

30% des enfants entre 1 et 5 ans meurent de la kwashiorkor
(kwashi = enfant et orkor = rouge)
syndrome de malnutrition protéino-calorique sévère,
visibles ; un oedème ventral et aux extrémités
symptômes : anémie, apathie, irritabilité, etc..

Les organisations humanitaires ont pris conscience de l’ampleur du problème dès la 
Guerre du Biafra
qui donna naissance aux mouvements du non-frontièrisme
comme Médecins sans frontières
(De petites unités spécialisées et indépendantes des structures officielles – comme  ONU, La Croix Rouge, etc…, mal reçues par les populations car soupçonnées d’intentions occultes – …étant plus efficaces sur le terrain ).

0afra11 dans RetrospectiveLeur indépendance acquise,
pour organiser leur pays composé de 250 ethnies,
les trois principales entrèrent en concurrence.

Les Haoussas (musulmans du nord),s’allièrent avec les Ibos (chrétiens et animistes du Sud-Est); de fait la 3ème ethnie la plus importante (Yorubas musulmans et chrétiens de l’Ouest) se sentit exclue. Des tensions naquirent.  

Puis, les Haoussas  s’allièrent avec les Yorubas…les deux jalousant les Ibos …(plus éduqués, détenteurs de diplômes obtenus dans les capitales occidentales et titulaires des postes dans les administrations)…Les tensions s’accrurent.

Les ingrédients étaient prêts pour une volonté de sécession…de l’ethnie rejetée. Elle la proclama donc. Et naquit la République du Biaffra comprenant 76.364 km2 de plaines et delta marécageux du Niger,  avec une population de 13.500.000 individus.

Cet état ne fut reconnu pas aucun membre de la communauté blanche ou asiatique… seulement par quelques pays africains. Ne voulant pas perdre cette région riche le Nigéria prit ouvertement les armes contre cette ethnie. La guerre aurait fait 2 millions de morts…soit 15% des Ibos.
On ne peut que s’interroger sur l’attitude de la communauté internationale.

0afra3Aujourd’hui,
après la capitulation le 15 janvier 1970 de son leader,
le  biafra n’existe plus,
la région étant réintégrée au
Nigéria,

mais les problèmes persistent entre les différentes ethnies….et l’actualité montre que des résistants cherchent à chasser les compagnies étrangères  (notamment pétrolières) de leur pays…afin que les richesses profitent aux citoyens …. 

Après deux mandats du président Olusegun Obasanjo, depuis 2007 c’est son dauphin Yar’Adua qui a le destin de son pays en mains…souhaitons-lui bonne chance pour aider son peuple et déjouer les ambitions étrangères.

 

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Le 27 juin 1977
le territoire des Afars et des Isars
obtient son indépendance de la France

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Pays et capitale DJIBOUTI
est-il devenu le point stratégique important du monde ?

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0bouNapoléon signa en mars 1862 un
Traité de Paix et d’Amitié perpétuelle
avec les chefs dinakils (afars) de la région d’Obock.

De plus, en échange d’une redevance il obtint l’autorisation de mouillage
du Ras Doumeira
(nord)
au Ras Ali (sud).

Mais une expansion suivit sur le territoire environnant, jusqu’à une entente avec les britanniques pour le partage des lieux…

Les français créèrent alors (1896)  le port de Djibouti.
Après la pose du Chemin de fer reliant la capitale à Adis Abeba, (entre 1898-1917), la ville prospéra et des artisans yéménites, pakistanais vinrent s’installer. De 1918 à 1939 l’importance s’accrue encore avec l’exploitation des salins.
Malheureusement le blocus anglais durant la 2ème guerre mondiale affama la population ; devenu port-franc en 1949 le franc de Djibouti fut rattaché au dollar.

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Le territoire fait 23.600 km2, abrite 638.000 habitants (20h/km2) dont l’espérance de vie est de 53 ans  pour les femmes (taux de fécondité de 5,72) pour 49 ans chez les hommes.
L’économie est essentiellement tertiaire (82% du PIB), avec un peu d’industrie (15%) et une agriculture inexistante (3%)…ses données expliquent le taux de chômage de 70%.

0bou11Les Américains sont en “guerre contre la terreur”. C’est pour cela que le camp Lemonier, qu’ils louent à l’Etat djiboutien, pourrait aussi bien être situé à Bagdad. C’est un camp retranché, défendu par un double mur d’enceinte, avec des miradors, des chicanes de béton, des rangées de barbelés, et des soldats fortement armés, en casque lourd et gilet pare-balles. Comment douteraient-ils d’être dans un environnement hostile ?  Écrit un correspondant de Washington.

Mais le fait est que le 11 décembre 2002 Donald Rumsfeld a annoncé l’installation officielle de 900 soldats dans le camp Lemonier ; parallèlement à l’installation d’une radio émettant en arabe et en anglais…s’imposant à la France…sans réaction de celle-ci.

Pourtant les enjeux sont grands, les partenaires puissants et déterminés comme la Chine qui a des accords avec Djibouti…fêtés en janvier 2009, à son Ambassade, avec des déclarations assez perturbantes du Président de la République Ismaïl Omar Guelleh :

0bou66Je me réjouis également de constater que nos deux pays, attachés au principe de multilatéralisme, ont des vues convergentes sur les grandes questions régionales et internationales ….(au cours de ces 30 dernières années)  “couronnés de succès dans tous les domaines”…
Je forme le vœu que la coopération entre nos deux pays s’installe durablement dans le cadre actuel des relations gagnant-gagnant qui la caractérise. Vive l’amitié et la coopération entre Djibouti et la Chine. “

0bou77La France a une base militaire de 2900 soldats.

Soit :
- des commandos marins
- une 1/2 brigade de la Légion
- une force navale
- le 5° régiment interarmées d’Outre Mer
- la base aérienne 188 (escadron de chasse 03.011 – Corse ; une dizaine d’avions de combat et d’hélicoptères ; un avion de patrouille Atlantique 2).

0bou33La plus ancienne présence sur le territoire, celle qui a le plus contribué au démarrage du pays (aide économique-alimentaire-lycée Joseph Kessel, etc…)n’est-elle pas sur le point de perdre sa place sur cet échiquier ?
La Chine convoite de plus en plus les matières premières du continent …et sa gourmandise commence à inquiéter les peuples africains.
Les américains, officiellement au nom de la guerre contre le terrorisme, pensent que tous les coups sont permis…

Dans la mesure où
- les officiers français ne sont pas conviés aux réunions de “sécurité” américaines,
- le Pentagone vient de renouveler un bail de 5 ans (avec option pour 10 années supplémentaires)
tout en multipliant la surface de sa base par 5…
- La zone est une des plus fréquentées par tous les services secrets de tous les pays
(surveillance du détroit de Mandeb où passent les pétroliers)
- les américains qui ont déjà doublé leurs effectifs, sont très bien équipés…et semblent vouloir installer un QG décentralisé de l’Africom…
on peut se demander si la France ne va pas finir de perdre tout prestige ou influence dans cette zone stratégique que le Pentagone considère un peu comme l’Irak ou l’Afghanistan.

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         .                      

Le 20 mars 1990
la Namibie
accédait à l’indépendance

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La Namibie est l’un des pays les plus arides et les moins peuplé du globe.

Situé en Afrique Australe, il fut peuplé dès 1.000 ans avant JC. par les Boschimans (peintures rupestres) ; chassés par les Khoïsans…eux-mêmes devant céder la place aux Bantous dans la deuxième moitié du premier millénaire.

Ce n’est que de 1836 à 1884 que cette région fut parcourue par des explorateurs britanniques et allemands.
Devenue protectorat allemand en 1884 …la population se souleva en 1904. La répression fut terrible ; les allemands appliquant le système des camps de concentration qu’avaient utilisés les britanniques en Afrique du Sud lors des guerres des Boers.

0anib0En 1915 les sud-africains récupérèrent les territoires
jusqu’à ce que la Société des Nations, en 1920,  leur concède officiellement le protectorat.

En 1966 L’ONU le prit sous sa tutelle pour éviter les conflits d’Apartheid…qui ne fut abolie qu’en 1979.

La Nanibie est une République parlementaire.
Le Président est élu pour 5 ans, au suffrage universel, (renouvelable une seule fois).
Le 1er Ministre est nommé.

Le territoire fait 825.418 Km2 pour 2.068.669 habitants …soit 2,2 habitants par km2. La langue officielle est l’anglais mais beaucoup parlent l’afrikaans ou l’allemand.

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De climat austral : pluies d’octobre à avril et hiver sec de mai à septembre…on distingue 4 zones :
1 – désert et plaines côtières (2000km)
2 – plateau  central (point culminant 2.606m) où sont les villes
3 – Désert de l’Est Kaldhari
4 – Busheld boisé au nord
Depuis 1990 il est organisé en 13 régions.

        

0anib7La population est essentiellement Bantou,
l’ ethnie des Ovambo est celle que l’on retrouve aux postes politiques.

Mais sont restés 6% d’afrikaners allemands et il y a 6,5% de métis.

Dans ce pays 80% du peuple – a eau/électricité est alphabétisé

La même proportion se retrouve dans la pratique religieuse chrétienne. Malheureusement le chômage touche 35% des habitants

On peut donc se demander, dans ce pays africain aussi, qui bénéficie des nombreuses mines d’uranium, de cuivre, d’argent et de diamants (40% du PIB)  ???
Enfin, est-il bien raisonnable de ne penser qu’à la manne immédiate…et laisser se développer la filière des chasse de luxe à l’éléphant et au gnou ?

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     Nelson Mandela  

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                aalapenit.jpgLe 11 février après avoir, (notamment), passé plus de 18 ans (dès 1964)  dans l’île pénitentiaire de Robben Island (nommée ainsi à cause de nombreux phoques alentours) île devenue patrimoine de l’Unesco.

  

adelaQuel était son crime ?
La lutte contre l’apartheid !
Il la conduisait comme principal meneur de l’ANC  – (Congrès National Africain) –  avec des actions de plus en plus déterminées à partir de 1948
quand le parti Afrikaner est arrivé au pouvoir,  a instauré une politique de strict apartheid, répliqué par des repressions sanglantes à chaque contestation….  

                                   

aalaQuel est ce personnage ?
qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 1993
(avec FW de klert) pour son action en faveur de l’instauration de la Démocratie en Afrique du Sud.

Il est né le 18 juillet 1918 à Mvezo (Province à l’Est du Cap).
Fils d’une famille royale Thembu (ethnie
Xhosa). Orphelin de père à 9 ans, il est élevé par un tuteur. Brillantes études, il va à l’Université de Fort Hare où il fait la connaissance d’Olivier Tambo. Renvoyé pour avoir participé au boycott du règlement de la fac, il fera une licence par correspondance.
Son diplôme de droit obtenu à l’Université de Witwatersrand, il devient avocat. En 1942 il rejoint l’ANC…ce qui lui vaudra après maintes péripéties 2 décennies d’emprisonnement
.  

adela0L’Afrique du Sud est un pays de 1.219.912 km2 pour 48.506.000 habitants (38h/km2) qui a la particularité d’avoir trois capitales :
- Prétoria (administrative)
- Le Cap (législative)
- Bkoemfontein (judiciaire)
mais dont la plus grande ville est Johannesburg.

Cette république est organisée en neuf provinces qui ont un pouvoir législatif unicaméral et un conseil exécutif (régime fédéral modéré).

Nelson Mandela en a été le président de  1994 à 1999mais n’a été rayé de la  “US terrorism watch list  que le 1er juillet 2008 !  

adela22.jpgAvec Nelson Mandela, les Khoisans et les Bochimans (premiers habitants du pays, il y a plus de 40.000 ans) ont pris leur revanche sur les colonisateurs européens (agriculteurs hollandais-huguenots français mais surtout les  exploitants anglais) qui n’ ont connu l’ existence de cette terre qu’en 1848 …grâce aux navigateurs  portugais Bartolomeu Dias et Vasco de Gamma, héros du Cap de Bonne Espérance.

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Après avoir beaucoup milité pour la cause du Sida, (notamment en révélant que son fils de 54 ans avait succombé à cette infection, afin de vaincre le tabou)…il peut être fier d’avoir participé à faire de l’économie de son pays la plus puissante d’Afrique… (5% par an grâce à son leadership mondial or-platine et un libéralisme tempéré par l’Etat régulateur) .

Écouté dans toute l’Afrique  (par notre président ?!)  le résistant avait toujours  la parole directe…lui qui (farouche adversaire de l’intervention militaire en Irak)  a accusé Bush (2003) de
“vouloir plonger le monde dans
l’Holocauste” !

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Le  15  janvier  1971
inauguration du Barrage d’Assouan

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Pour la majorité des occidentaux, l’Egypte c’est surtout la civilisation qui éblouit le monde plus de 3 millénaires avant Jésus-Christ… Des listes de Dieux apprises difficilement au collège ; tant ils étaient nombreux et à l’apparence bizarre…De magnifiques monuments, dont on rêve de visiter les vestiges… 

aey1Pour Gamal Abdel Nasser  (1918-1970),
l’Egypte devait reprendre sa place dans le concert des Nations…et ne plus être considérée uniquement comme une image du passé.

Il entreprit donc d’unifier, moderniser son pays.

Sa plus pharaonique réalisation est sans conteste le Barrage d’Assouan.

Le but était légitime :
- endiguer les caprices du fleuve (trop de dégâts lors des crues gigantesques décennales, ou graves sécheresses)
- donner une irrigation permettant de faire 3 récoltes ; afin de subvenir aux besoins d’une population à la croissance trop rapide
-  électrifier les villages

aey0Il décida donc, en 1952, de construire un immense barrage…
Au lieu d’agrandir une énième fois celui construit en 1902  au sud d’Assouan
(Réalisé avec un financement britannique, à la hauteur de la première cataracte…il avait pour but d’arroser les champs de coton des indigènes…; coton envoyé dès la cueillette à l’industrie textile anglaise, puis réimporté au prix fort pour les besoins des égyptiens).

Il sollicita un prêt auprès des américains et des anglais. D’abord accordé, il fut annulé en 1956 ; (à cause d’un contrat secret d’achat d’armes soviétiques ?)En riposte, pour financer son projet, Nasser  nationalisa le Canal de Suez. Une grave crise suivie. L’ONU (efficace pour une fois), décida le départ des étrangers du sol égyptien. Nasser devint le héraut de la Cause Arabe… du panarabisme…en jetant les bases de la notion de pays  “non-aligné” (sur l’un des deux blocs de la guerre froide). 

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La construction dura 11 ans. 30.000 travailleurs y participèrent dont des ingénieurs russes.
Principales caractéristiques :
- longueur : 3.600 mètres
- épaisseur : 980 mètres à la base, 40 mètres au sommet
- hauteur : 11 mètres
- débit 11.000m3 seconde maximum
- urgence : 5.000m3 seconde se déversant dans un réservoir par le canal de Toshka
Pour la première fois, la plupart des villages étaient reliés au réseau électrique grâce à 12 générateurs (exploités dès 1967) qui produisaient 50% des besoins du pays (encore 15% en 1998).
Des industries de la pêche se groupèrent autour de ce lac appelé en reconnaissance Nasser
.

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Heureusement
les principales beautés du pays furent sauvées…déplacées…travail titanesque ! Comme le temple d’Abou Simbel  du Pharaon Ramsès II.
Malheureusement
les limons fertilisants sont arrêtés par le barrage, les cultivateurs doivent utiliser des engrais et le lit du Nil s’érode plus vite (1,7cm/an) …pour certains c’est un désastre écologique.

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Les TOUAREG

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Mardi, un groupe rebelles  touareg a revendiqué  l’enlèvement  de quatre  personnes, dont deux canadiens qui travaillent pour l’ONU : Robert Fowler et Louis Guay. Dans un message signé par le “commissaire à la guerreRhissa Ag Boula, (chef des combattants du Front des Forces de RedressementFFR), il est affirmé que les otages se portent bien. Le but des captures étant l’ouverture de négociations

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Quel est ce pays ? Quels sont les belligérants ? Quels sont les vrais motifs de la guerre civile qui s’intensifie depuis 2007 ?

Le Niger est un pays de 1.267.000km2 pour 12.894.865 habitants (10h/km2). Indépendant (de la France) depuis le 3 août 1960, il se compose de 8 régions et 35 départements. Son organisation politique (après plusieurs constitutions) est semblable à la nôtre : un président de la république et 113 députés élus pour 5 ans. Son président, Mamadou Tandja préparait les festivités  du 50° anniversaire de la République à Tillaberi…les diplomates étaient invités.

Son économie est très précaire car 80% de son  territoire est constitué par le Sahara et le Sahel…et la forêt à diminué d’un tiers depuis 1990 (grande sécheresse de 1973, des années suivantes) pour n’atteindre que 1% du territoire. Donc l’alimentation dépend en grande partie de l’aide internationale ou des achats rendus possibles par ses gisements d’or (concession canadienne à Samira semblaient se diriger les diplomates)…mais surtout par ses mines d’uranium…dont il est le 3° producteur mondial (Areva exploite, depuis 40 ans, les mines de Arlit)

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Les hommes bleus fêtent se mois-ci le 19ème anniversaire de leur révolte. Plusieurs mouvements ont vu le jour “Union pour la démocratie et le progrès social” UDPS (dont le FFR est la branche armée) ; “Mouvement des Nigériens pour la JusticeMNJ,  etc...Le MDPS prône le fédéralisme du Niger et il exhorte le gouvernement à la vigilance dans l’attribution des permis de recherches et exploitations ; notamment afin que les espaces pastoraux (occupés depuis des millénaires par des nomades, dont les touareg)  soient respectés.D’autre  part il veut une juste rétribution et une exploitation rationnelle des ressources du pays…Dans le respect des droits des populations locales et de l’environnement

atour12Il faut dire que dans ce pays, (non plus), comme dans la plupart des pays africains (ou au Moyen-Orient), quand le colonisateur est parti et a tracé des frontières il n’a pas tenu compte des ethnies…Les tribus touareg sont légitimement originaires de 5 pays actuels comme l’indique le croquis….Par ailleurs le pays compte une douzaine d’ethnies parlant une dizaine de langues africaines…donc la langue officielle est restée le français. 

Les revendications des touareg semblent justifiées car des années de luttes pour le pouvoir et de corruption paraissent, (là aussi), avoir creusé un fossé entre les dirigeants et le peuple dans son ensemble. Deux exemples, au Niger :
- 2/5 des enfants meurent de paludisme avant 5 ans ;
- la CEDEAO (Cour de justice de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) vient de rendre  un jugement historique le gouvernement est ”responsable de l’inaction de ses services publics et judiciaires” c’est-à-dire reconnaissance  d’une complicité d’esclavagisme (fillette de 12 ans vendue comme  5°
épouse).

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Ce peuple pasteur, habitant du Sahara depuis des millénaires…acculé à une sédentarisation partielle depuis la grande sécheresse 1973, (et la déforestation entraînant la perte de 20.000 hectares par an) …est constitué par toutes les tribus qui partagent un ensemble de traditions orales, un langage-une écriture, etc…le sentiment identitaire est très fort  à travers les chants, les légendes, les contes…Il a toujours résisté à l’assimilation.atou9

Dernièrement il a trouvé un intermédiaire en la personne de
Moussa Ag Keyna
qui a quitté le combat armé, à la suite de la paix signé en 1996…(non respectée par le gouvernement ?),   pour la guitare et le chant. Grâce à lui le témoignage des souffrances et spoliations que subit son peuple se répand pacifiquement au Niger, en Afrique, dans le monde.

Enfin, la population du Niger est très tolérante. La cohésion est assurée depuis toujours par la pratique du “cousinage de plaisanterie“. Lors de réunions, les assistants se critiquent sans heurt…pour arriver à se comprendre, dégager un compromis…Ainsi perdure une rare coexistence pacifique.

 (Petit conseil… si vous allez au Niger, ne refusez jamais le thé que l’on vous offre, c’est une injureil est symbole de fraternité, bonjour, partageet permet de préparer puis ouvrir une discussion…) .

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Zimbabwe…colère !

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Presque 13.000 contaminés bientôt 600 morts…Comment ce pays de 12.384.000 habitants a-t-il pu tomber si bas !? Lui qui était le prospère grenier à blé de l’Afrique … passer de fournisseur au Programme Alimentaire Mondial…à client…
Comme toujours : luttes pour le pouvoir et cupidité d’une poignée de prédateurs qui spolient un peuple laissé à l’abandon .Les épidémies ne connaissent pas les frontières…Est-ce la raison pour laquelle on commence à réagir ?

azimbLe président Mugabe a fait disperser violemment mercredi une manifestation dans la capitale Harare, mais cela n’apporte pas une solution à une crise qui dure depuis des mois et plonge le pays dans une misère économique, alimentaire et sanitaire…cause d’une épidémie d’un autre âge

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Les forces de l’ordre ont notamment dispersé des médecins et infirmières qui tentaient de remettre aux autorités une pétition. “Nous sommes contraints de travailler sans les éléments sanitaires institutionnels de base” déplorent-ils. Pas de médicaments, d’eau potable, d’hygiène et d’équipement médical…Le ministre britannique des affaires étrangères David Miliband a déclaré “La détérioration de la situation au Zimbabwee n’est qu’une illustration de l’incompétence du gouvernement voyou.” Peut-être n’était-il pas impartial…pourquoi ?

azimb812cLe Zimbabwe est l’ex-Rodhésiedu Sud découverte en 1854 par l’explorateur David Livingstone qui arriva jusqu’au Chutes du lac Victoria. De 1870 à 1880 des expéditions européennes suivirent. En 1888, Cécil RHODES, acquit en concession toutes les terres entre les fleuves Zambèze et Limpopo ….en abusant  le roi Lobengula par une mauvaise traduction…; il donna son nom  au pays.Cent ans plus tard, en 1980, les britanniques durent accorder leur indépendance aux “rebelles” voulant récupérer leurs terres ; en négociant que le Zimbabwe resterait dans le Commonwealth, avec à leur tête leur chef de guerre Mugabe ( premier ministre). Le 31 décembre 1987, une Constitution modifiée fit de Mugabe le Président du pays….Il n’a pas laché le pouvoir depuis. Quel est donc ce pays ?

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Le zimbabwe est un pays d’Afrique du Sud sans accès à la mer. D’une superficie de 390.580 km2, soit 32,6 habitants au km2. Sa vocation principalement agricole en faisait un petit paradis auto-suffisant ; dans une nature merveilleuse, à la faune pouvant attirer bien des amateurs de safaris photos. Les fermiers blancs, (descendants des premiers colons), employaient une population courageuse dans les champs de blé, de coton, de piment, etc…Malheureusement, à l’indépendance, (après avoir exproprié les fermiers blancs2000) au lieu de redistribuer la terre aux cultivateurs du pays…les nouveaux dirigeants du pays la donnèrent à des proches ou des amis anciens combattants incapables…Résultat en 2004 des friches remplacèrent les champs prospères et la population se retrouva à 70% au chômage alors que le Zimbabwe se retirait du Commonwealth.

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Pourquoi un tel gâchis ? Peut-être parce que certains trouvent plus avantageux, (plus ou moins clandestinement), d’exploiter des mines d’or, de platine, de chrome….confiées à des capitaux privés très discrets….avec des gisements de diamant…dont quelques veines encore découvertes en 2006.

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Ainsi, une nouvelle fois en Afrique, il s’agit du pillage du sous-sol par des prédateurs étrangers avec la complicité de dirigeants corrompus qui possèdent une fortune immobilière en Europe ou des comptes numérotés dans les paradis fiscaux..; alors que le peuple, abandonné, est dépendant de l’aide internationale (plus ou moins bien accueillie ou pourvue de moyens)ONG qui permettent aux “puissants” de garder une “bonne conscience” ???

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Burundi…folie./

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Une fillette dont on scie les jambes devant sa famille tenue à distance…et qui meurt quelque minutes après dans une auréole de son sang…

Les assassins qui s’échappent avec des membres pris pour talismans

Mais quel est donc ce pays ?!

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Le Burundi est un pays d’Afrique de l’Est, sans accès à la mer, de la région des grands lacs. Il a des frontières avec la République du Congo, le Rwanda et la Tanzanie. D’une superficie de 27.834Km2 pour 6.223.897 habitants (223h/km2) il a une population très jeune, comme le montre la pyramide. Il est majoritairement situé sur un plateau (1700m) ce qui tempère son climat équatorial. 

Ses principales ressources proviennent de l’agriculture et de l’élevage qui emploient 90% de la population et fournissent 50% du PIB. (En 1999 l’industrie représentait 18% et les services 32% du PIB).

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La population active (4 millions), est composée de femmes à 50% et d’enfants de  10/14 ans à 50% aussi. Malgré cela les ONG doivent intervenir afin de palier à la malnutrition. Les cultures de café, de thé, de coton… destinées à l’exportation… occupent une superficie,des mains qui ne travaillent pas à l’autosuffisance alimentaire….Une loi sur l’homo-phobie dresse une véritable apartheid entre les habitants. .  

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Pourtant ce peuple a de grands talents : danses coutumières, artisanat très riche, variés, attrayant, original et dispose d’une manne touristique à exploiter avec d’immenses parcs nationaux (ex : Kibira 40.000 hectares) et des réserves en flore-faune admirables (Babouins, chimpanzés) !

aburundilacRemarquable… le lac Tanganyika (2° plus grand d’Afrique après le lac Victoria) qui est le deuxième au monde pour son volume et sa profondeur après le Baïkal (Russie)  tout en étant le plus poissonneux !! 180 km de pistes existent déjà …mais l’effort pourrait être plus important dans le cadre d’un aménagement du territoire… tout en continuant à préserver la natur

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Alors pourquoi cette folie ? Pourquoi ces 50 meurtres,  le plus souvent rituels, envers des enfants albinos ? Pourquoi alors que la population est à 62% catholique, à 14% protestante (1% musulmane)…Parce que les 32% restant sont de religions indigènes, croient aux sorciers aux Marabouts ? Non. Il semblerait que des charlatans venus de Tanzanie arrivent à convaincre que si on leur amène telle partie du corps ou du sang…ils pourront diriger la richesse vers le demandeur ! Alors 50 enfants morts seraient déjà recensés mais le bilan n’est que provisoire ! L’UNICEF est intervenue pour qu’on les protège, qu’ils puissent aller sous escorte à l’école..Ces malheureux (1/3000) qui sont victimes d’une maladie génétique entraînant l’absence de mélanine, (donc de pigment de la peau) meurent déjà souvent d’un cancer de la peau avant 30 ans…

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Monsieur OBAMA…….” l’africain
Monsieur SARKOSY…”l’américain
Usez donc de vos pouvoirs pour arrêter lediable » !! 

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